Que la réalité nous retienne dans ses rets, c’est un fait. Nous sommes à proprement parler empêtrés dans des réseaux, certains apparents et d’autres plus secrets ou discrets qui forment aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de nous une sorte de cage ou corset. Notre marge de manœuvre face à toutes ces contraintes reste très étroite voire insignifiante.
Certes, la raison, la philosophie et les sciences s’efforcent de trancher ces lianes qui nous enserrent. Mais au prix, par l’élargissement de la conscience qui en résulte, de l’expansion de la cage elle-même. On se retrouve, dès lors, en plein dans les paradoxes de Zénon et dans la vision parménidienne prônant le caractère (apparemment) illusoire de la réalité.
Una serata del cinema che ci ha offerto l’opportunità di (vedere o) rivedere il film probabilmente più emblematico del neorealismo italiano, Ladri di biciclette (1948) di Vittorio De Sica.
Anche se le condizioni sociali non sono più le stesse e quel film rappresenta una stagione artistica ormai lontana, l’emozione trasmessa attraverso le immagini resta pur sempre intensa.
A distanza di anni dalla creazione di quel capolavoro cinematografico e al di là delle polemiche politiche e culturali suscitate allora, il film appare a noi oggi bellissimo e portatore di un incisivo profilo storico-sociologico dell’Italia dell’immediato dopoguerra.
Basta ricordare, nello scorrere delle inquadrature, il valore vitale di una « semplice » bicicletta, lo sfondo urbano (con gli edifici monumentali mussoliniani), i viali quasi senza automobili, l’accenno agli impegni antagonisti (comunista e clericale)…
Ma il film esprime anche, attraverso il principale protagonista, una forza interiore fortissima, e soprattutto il desiderio di migliorare la propria vita.
Proprio questa forza sarà poi la molla del « miracolo economico » italiano degli anni ‘50 e ‘60. La stessa energia pure che spinse molti italiani a raggiungere il Belgio per lavorarvi nelle miniere.
Rumes 02/2011
Illustration : Affiche du film « Ladri di biciclette » (Le Voleur de bicyclette) de Vittorio de Sica
Publié in : Club di conversazione italiana di Tournai (Lo Specchio), Bollettino n. 169 / marzo 2011 (rubrica « La volta scorsa »)
Dans la crypte rotonde Ils sont nombreux à attendre Les visiteurs de la crypte rotonde
Dans cette moderne catacombe Le fondateur dispose D’une place d’honneur Les autres scellés dans le mur En rang monotone
Les visiteurs parcourent Le couloir en silence Les marbres érigés invoquent Vertus vivantes Titres précieux gloriole
Mais dans cette intrusion Circulaire aucun écho Ne se fait entendre et Les visiteurs aussitôt S’en retournent gravir Les marches pour rejoindre La lumière.
Rumes 14/05/2017
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2017 – Capture d’écran vidéo : la crypte de la famille De Gorge liée à l’histoire du site minier du Grand-Hornu (à Hornu, section de la commune de Boussu, Hainaut, Belgique)
Le Grand-Hornu est un ancien complexe industriel charbonnier érigé entre 1810 et 1830 par Henri De Gorge, un capitaine d’industrie d’origine française
Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le site est remarquable à double titre : par la beauté de son ensemble architectural néoclassique et par son urbanisme fonctionnel (une « cité modèle ») inspiré de l’utopisme du début de la Révolution industrielle
L’inconscient importe moins que l’inexprimé. L’inconscient relève de l’occulte, c’est une capacité d’influence, une sorte de lobby virtuel. L’inexprimé a un rapport clair avec la vie réelle, quotidienne, dans ses dimensions physiques et sociales.
Autant l’inconscient peut rester confiné dans son espace privé sans trouble nécessaire, autant l’inexprimé doit se dire, se désenclaver, se socialiser, pour permettre de vivre mieux.
Bruxelles 29/01/2009
Illustration : Vilhelm Hammershøi, vers 1903-1904 – Intérieur avec jeune femme vue de dos
Ah ! Que la guerre était jolie en ce temps Et qu’il était doux de la préparer Et de poser en été après l’exercice Pour un tableau du Douanier Rousseau Près d’une pièce d’artillerie A l’orée de ce bois
Que les soldats étaient fiers Et leurs uniformes beaux Ils n’étaient pas encore Maculés de boue et de sang
C’était avant la Der des Der Picasso n’en était pas encore A sa période bleue.
Taintignies 1/03/1984
Illustration : Le Douanier Rousseau (Henri Rousseau, dit), vers 1893-95 – Les artilleurs
Il est tout à fait remarquable pour mon propos [Nouveau Testament vs Ancien Testament] que Stendhal dans ce passage distingue le Dieu de la Bible (Ancien Testament) et le Dieu d’amour, de douceur et de miséricorde du Nouveau Testament.
Il exprime parfaitement l’opposition entre un premier Dieu violent, vengeur et despote et un second Dieu foncièrement différent, tolérant et animé par un sentiment de bonté et de pardon.
Le « Dieu de Fénelon » mentionné par Stendhal est d’autant plus prégnant ici que Fénelon (prélat et mystique chrétien du 17e siècle) a développé une vision mystique fort proche de celle du Bouddha.
Tout deux prônent en effet le détachement spirituel et l’effacement de l’ego.
Mais alors que la démarche du Bouddha se développe sans l’intervention d’un Dieu créateur, celle de Fénelon est circonscrite, tradition oblige, dans une union mystique avec le Dieu chrétien tout-puissant…
Rumes 24/05/2026
Illustration : Portrait de Fénelon, homme d’Église, théologien, pédagogue et écrivain français (1651-1715)
Personnage majeur du Grand Siècle, Fénelon prône la doctrine du pur amour qui repose sur un amour désintéressé envers Dieu, délivré de toute attente de récompense ou même de crainte de châtiment
L’âme, par la grâce, parvient à un état de passivité spirituelle totale (le « repos » de l’âme ou quietus) et de contemplation qui vise à une fusion avec Dieu
Cette quête de perfection intérieure et d’oraison silencieuse est associée au courant mystique chrétien du 17e siècle, le quiétisme, dont Fénelon fut la figure centrale en France
5 Toutefois, ce nouveau message universaliste n’est pas accepté par la société judéenne. Il sera par contre repris et amplifié par le monde romain après l’écrasement des révoltes juives.
De l’implantation initiale en Palestine, la doctrine chrétienne conservera un lien avec son substrat judéen (monothéisme, messie, lien forcé avec l’Ancien Testament…) tout en exaltant parallèlement l’enseignement universaliste issu du message bouddhiste (première et seconde manière).
Mais parallèlement à la mise en place de la doctrine chrétienne, on assiste au cours des premiers siècles de notre ère à un élagage des Évangiles (réduction à quatre) et à la suppression de tout ce qui pourrait relier le message chrétien à ses origines bouddhiques, indiennes, orientales.
L’émergence d’une construction imparfaite perçue déjà dans le christianisme des origines — accentuée spécialement par l’effacement de la connexion bouddhique et réglée à coups d’anathèmes et d’excommunications — trouve dans l’altérité entre l’Ancien et le Nouveau Testament sont point de contraste majeur.
Cette discordance radicale on la retrouve, exprimée également par Stendhal dans les dernières pages de son célèbre roman « Le rouge et le noir ». Alors qu’il s’apprête à monter à l’échafaud, Julien, songe à ce qu’il adviendra de lui dans l’Au-delà. Son constat est inéluctable (*).
Rumes 21/04/2026
Illustration : Fresque paléochrétienne représentant Jésus en Bon Pasteur, vêtu à la romaine, nécropole de Hisardere, à Iznik (l’antique Nicée, Turquie), 3e siècle
(*) « Ma foi, si je trouve le Dieu des chrétiens, je suis perdu : c’est un despote, et, comme tel, il est rempli d’idées de vengeance ; sa Bible ne parle que de punitions atroces. (…). Il est sans pitié (et il se rappela plusieurs passages de la Bible). Il me punira d’une manière abominable… Mais si je trouve le Dieu de Fénelon ! Il me dira peut-être : Il te sera beaucoup pardonné, parce que tu as beaucoup aimé… »
4 Les Thérapeutes constituent dans l’Égypte ptolémaïque une entité religieuse singulière.
Présent dans toutes les provinces (ou nomes) d’Égypte, l’ordre des Thérapeutes venait exprimer un syncrétisme visant à amalgamer au mieux la doctrine bouddhiste aux convictions hébraïques.
Plus tard, cette implantation bouddhiste en Égypte fut interprétée comme une expression du christianisme initial (ou proto-christianisme/proto-monachisme).
Une autre manifestation de la projection du bouddhisme dans l’ancien Occident se présente sous les traits des Esséniens.
Cette secte vivant à l’écart combinait éléments bouddhistes et dogmes judéens. Ce fut une tentative d’insertion du bouddhisme dans l’environnement local.
Mais l’amalgame bouddhiste triomphateur se déploiera finalement à travers l’avènement de la « bonne nouvelle » chrétienne qui reprend un enseignement bouddhique combiné à des convictions hébraïques.
Rumes 21/04/2026
Illustration : Carte de l’antique Alexandrie d’Egypte
La communauté des Thérapeutes était répandue dans la plupart des pays du monde connu d’alors et notamment dans toutes les provinces d’Egypte
Il s’agissait, dans les faits, de la projection universelle des convictions bouddhiques à travers une institution monastique établie et décentralisée
En Egypte, la plus importante colonie de Thérapeutes (amalgamée dans une enveloppe judéenne) était implantée au bord du lac Maréotis (le lac Mariout moderne), juste au sud d’Alexandrie
3 Mais avant d’en arriver, dans l’Occident ancien, à l’émergence du christianisme, plusieurs étapes intermédiaires furent parcourues.
Si le missionnariat bouddhiste se déploya d’une manière soutenue et avec succès en direction de l’Orient, il se tourna également vers l’Occident.
Les missions militantes dues à l’initiative de l’empereur Açoka (vers 250 av. notre ère) sont bien connues. Elles rejoignirent le monde hellénistique en Syrie, en Égypte, en Macédoine, en Épire et jusqu’à Cyrène (dans l’actuelle Libye).
La plupart des historiens considèrent que ces initiatives missionnaires n’eurent aucune suite.
Il n’en est rien. Bien au contraire, ces missions suscitèrent la naissance d’au moins deux manifestations venant exprimer dans l’Occident ancien la diffusion de l’enseignement bouddhiste, certes sous une forme syncrétiste.
Laquelle s’explique aisément, d’ailleurs, par la volonté des missions bouddhiques de s’insérer dans l’environnement philosophique et religieux local.
Une démarche d’intégration similaire à celle mise en œuvre avec succès par les missionnaires bouddhistes en Orient au Tibet, en Chine ou encore au Japon et qu’ils s’efforcèrent d’appliquer aussi en Occident.
Rumes 21/04/2026
Illustration : Missions de prosélytisme bouddhiste du temps d’Açoka