Entre deux eaux

Je flottais entre deux eaux
Autour de moi grouillaient
Menu fretin espadons dauphins
Je ne percevais plus les vagues
Au-dessus ni les remous en bas
J’avais atteint ce point précis
Où l’on ne ressent plus ni l’envers
Ni l’endroit ni le chaud ni le froid
Mon corps mêlé aux éléments
Ne faisait plus qu’un sensible
Et pareillement indifférent
J’étais comme un sous-marin

En méditation

Était-ce mon esprit qui était fluide
Où n’étais-je qu’un reflet foisonnant ?

Bruxelles 5/04/2016

Illustration : Arcangelo Petrantò, 2026 – Harmonie
Image générée par IA (intelligence artificielle)

Ornementation et occultation

Mais l’art sert aussi à orner la vie, à rendre plus supportable celle-ci. Mieux, à camoufler l’inhumanité de la vie, comme dit Nietzsche.

C’est dans cette double nature de l’art (expérimentation des composants du réel et occultation de la cruauté du réel) que se trouve tout l’enjeu de son interprétation.

Aillon-le-Vieux 21/08/2007

Illustration : Représentation des deux masques de théâtre féminins

Fresque de la maison du bracelet d’or, à Pompéi, Italie (première moitié du 1er siècle de notre ère)

Vestita di bianco

Nella stanza al piano di sopra lui sogna della figlia morta qualche settimana addietro. Nel sogno la figlia vestita di bianco è giù in cucina. Lui si sveglia. Allora scende in cucina per rivedere sua figlia che l’aspetta come nelle immagini appena intraviste. Ma non c’è nessuno in cucina.

Bruxelles 12/02/2015

Illustration : Arcangelo Petrantò, 2026 – Entre rêve et illusion
Image générée par IA (intelligence artificielle)

Démocrite et Platon, encore (en réponse à Fabrice)

Oui, je connais cette théorie de la réalité comme hologramme. La réalité ne serait que virtuelle. Une forme d’illusion.
Je crains que cette théorie ne soit qu’un avatar de l’idéalisme.

Il faut partir de notre vie « réelle », quotidienne, immédiatement perceptible.
La réalité globale a beau être philosophiquement parlant une « illusion », il se passe que dans la réalité quotidienne, à notre échelle, nous avons à faire avec une réalité « solide », avec des causes apparentes et des effets apparents : une collision frontale entre deux véhicules automobiles provoque des dégâts, un immeuble qui s’écroule également, une inondation de même.

La réalité aurait beau être « fondamentalement » une illusion, c’est néanmoins une illusion comportant, dans notre expérience immédiate, des dimensions, un poids, une densité, une localisation spatio-temporelle, une « matérialité », en somme, bien embarrassante.
Que cette « réalité » puisse évoluer, se transformer, se désagréger, voire s’annihiler ne change rien à la perception immédiate que nous en avons.

Face à cette réalité immédiate implacable, l’approche idéaliste s’est efforcée d’en atténuer les angles voire de l’occulter par le biais de l’« illusion ».
Le problème reste entier donc. Oui, il est possible que la réalité ne soit qu’une immense « machinerie » virtuelle, composée de purs paramètres mathématiques, cependant notre réalité est une réalité essentiellement « concrète ».

Toute l’histoire humaine, d’après ce que l’on en sait, a consisté jusqu’à ce jour, à se protéger de la « nature » (qui n’est rien d’autre que la « réalité » dans laquelle nous sommes immergés), de ses menaces, de ses manifestations néfastes et de tirer parti de ses forces brutes, de son état, de son aveuglement même.
Car la réalité dans laquelle nous sommes partie prenante est une réalité aveugle, indifférente et sourde (au moins à notre échelle), c’est une réalité qui broie.

Certains renvoient à une divinité l’existence de cette réalité.
Mais que valent toutes les soi-disant beautés du monde face à la souffrance ? Quelle gloire pourrait retirer une divinité de cette souffrance tellement récurrente dans notre monde ? N’est-ce pas une manière de se voiler les yeux ?
A moins de donner une signification « supérieure », « pertinente » à la souffrance, à la douleur, signification que pour ma part je récuse.

La réalité, telle que nous la percevons, suit une logique matérielle qui est celle de l’expérience quotidienne et immédiate.
Et nous essayons de rendre compte de cette réalité avec les instruments à notre disposition. Les concepts eux-mêmes naissent de notre expérience immédiate, par analogie, extension, généralisation.

Que cette réalité soit volatile voire fondamentalement « immatérielle » ne change rien à l’affaire d’un point de vue de l’ici et maintenant (hic et nunc).

Que notre conscience puisse nous relier à d’autres plans, d’autres interfaces, c’est possible voire certain, mais n’est-ce pas aussi une manière de vouloir poursuivre la proie pour l’ombre, une manière d’être en décalage par rapport à notre réalité ?

Tout ceci pour dire que je réaffirme le match nul entre Démocrite et Platon.

La réalité est-elle une idée universelle qui se matérialise ou bien une structure matérielle (à notre échelle et dans notre horizon de conscience) qui aspire à s’évader de son confinement ?

Le rêve, l’imaginaire, la souffrance, la rugueuse matière, tout cela forme un tout mêlé dans notre perception, quoique distinct en ses éléments.
Ce tout constitue notre réalité (notre univers ?).
Parmi d’autres univers, d’autres réalités ?

Bruxelles 3/03/2009

Illustration : Arcangelo Petrantò, 2026 – Dialogue entre Démocrite et Platon
Image générée par IA (intelligence artificielle)

Démocrite et Platon

L’éternelle question du « dehors » et du « dedans », de l’esprit et de la matière reste, quoi qu’on en dise, en suspens.

De la relation entre ces deux entités surgit la responsabilité aussi bien que le hasard, la nécessité ou encore la volonté.

La matière nous façonne, nous conditionne, nous entraîne, parfois nous malmène, nous donne le vertige. Idem de la part de l’esprit.

Véritable Janus bifrons, notre réalité n’est pas sécable.

Le dedans et le dehors figurent comme l’avers et le revers d’une même pièce.

Et même la « virtualisation » de la vie n’y changerait rien. Car ce processus relèverait simplement de l’« allègement » de la matière.

Une distinction se perpétuerait entre l’« idée » et la « mise en œuvre », à savoir sa formalisation.

Match nul entre Démocrite et Platon.

Bruxelles 26/01/2009

Illustration : La tête de Corleck, sculpture celtique du 1er ou 2e siècle de notre ère

Trouvée vers 1855 à Drumeague, dans le comté de Cavan en Irlande, près de la colline de Corleck

Una lingua italiana viva

Io ho provato e provo ancora a promuovere la lingua italiana. Talvolta è commovente sentire delle persone che parlano un italiano approssimativo.

È commovente precisamente perché fanno lo sforzo di utilizzare l’italiano anche se non lo padroneggiano perfettamente.

La mia filosofia in questa faccenda è la seguente : meglio una lingua italiana storpiata e viva che una lingua italiana ideale morta !

Bruxelles 10/07/2007

Illustration : Logo de la « Settimana della lingua italiana nel mondo » (Semaine de la langue italienne dans le monde)

Il s’agit d’un événement international majeur destiné à promouvoir la langue et la culture italiennes

La 26e édition se déroulera du 19 au 25 octobre 2026

Mes « histoires brèves »

En 1999, j’estimais n’avoir plus rien à dire dans le domaine poétique. Je cessai donc d’écrire de la poésie.

Lors d’une visite à la librairie du Soir, rue royale à Bruxelles, je remarquai un livre de nouvelles écrit par un écrivain italo-belge, Carino Bucciarelli.

Après l’avoir feuilleté, je décidai de l’acheter. Je le lus d’une traite. En refermant le livre, je me dis : « Mais des nouvelles comme celles-ci, je saurais en écrire aussi ! ».

C’est ainsi que j’ai commencé à écrire mes « histoires brèves ».

Rumes 20/02/2006

Illustration : La planète verte et autres histoires brèves, publié en 2006 (éditions Les déjeuners sur l’herbe)

Quatrième de couverture :
Dans ces histoires courtes, le réalisme côtoie l’imaginaire, le fantastique, l’ironie et débouche sur le paradoxe et le scepticisme. Critiques souvent acerbes de notre société, ces récits soulèvent les grandes questions sur la vie et ses limites, les prouesses humaines, les développements technologiques…
L’écriture est nette, précise, acérée… mais surtout visionnaire. Chaque histoire est une porte ouverte laissée à l’imagination du lecteur.
Intrigant ! Un livre à lire, à méditer, à suivre…

Irréductible intime réalité

Toute expérience est personnelle, intime et exclusive. Tout message, même apparemment universel, nous est adressé personnellement. Chaque instant nous est exclusif. C’est à nous-mêmes d’en saisir le sens et l’usage. Je dirai donc que la réalité nous est particulière. Construite sur mesure et pour notre usage discrétionnel.

Tournai 12/05/2015

Illustration : Gerard ter Borch, vers 1655 – Une dame dans sa chambre

Carottes

Votre dureté n’est qu’apparente
Carottes mais votre cœur est tendre
Vous savez vous tenir droit comme des soldats
Mais soldats de bois
Qui aussitôt s’effondrent sous la flamme
Votre destinée véritable ? Fraterniser.

Sost 18/08/2018

Illustration : Arcangelo Petrantò, 2026 – Carottes-soldats de bois au cœur tendre
Image générée par IA (intelligence artificielle)