Le casello du zio Carmelo – 4/5

Nombre d’années après, je suis retourné visiter le casello avec quelques cousins. Une sorte de pèlerinage laïc ! Bien sûr, au terme de son service, mon oncle avait quitté la maison, si bien que n’étant plus gardée ni entretenue, elle avait été partiellement pillée.

Quoique tristement abandonnée à son sort, elle se dressait encore, fière gardienne de la séparation des voies. Elle inspirait le respect et dans ma tête elle résonnait toujours de l’animation qui avait régné jadis en ces lieux. Pour garder le souvenir de cette visite, je fis, à cette occasion, un petit film super 8 (durée trois minutes).

Mais cette incursion groupée au casello, figurant une sorte de patrimoine matériel et immatériel « familial », avait servi aussi de prétexte pour aller cueillir des « babbaluci » (petits escargots) qui grimpaient le long des tiges dans un terrain voisin où ces bestioles se rassemblaient en grand nombre.

Il faisait très chaud et en passant devant un puits perdu au beau milieu de la campagne, on demanda au paysan qui se trouvait à proximité l’autorisation de boire. Nous nous désaltérâmes. De retour en ville, les femmes s’appliquèrent à préparer les escargots en suivant une recette traditionnelle à l’ail.

Je me réjouissais déjà de ce repas du soir, lorsque, à l’improviste, une indigestion affreuse, accompagnée de crampes, vint me mettre complètement K.-O. « C’est à cause de l’eau pesante que tu as bue !… », entendis-je, autour de moi, à de nombreuses reprises.

Etendu sur le lit d’une chambre voisine, esseulé, abattu, j’entendais les rires et les éclats de voix de la tribu en train de savourer les escargots que j’avais contribué à cueillir l’après-midi.

De temps à autre, on venait me voir par sympathie, pour s’assurer que je supportais le jeûne…

Tournai 8/12/2015

Illustration : Marie-Claire Deldaele (Maïka), 2007 – « Casello ferroviario Calì », Canicattì (Sicile)

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