Peindre la nature (2/2)

Les sujets « modernes » deviennent incontournables en raison des changements radicaux qui se produisent dans l’environnement et le style de vie : industrialisation, émergence des machines, déclin du monde rural, urbanisation, révolution des transports (chemins de fer), avènement des stations balnéaires et débuts du tourisme…

En sortant des représentations mythologiques et des études d’ateliers, l’art se « modernise », se rapproche de la nature, est confronté aux effets de lumière en plein air, à la capture de l’instant présent, à l’expression de la spontanéité.

Des portes s’ouvrent, à cet égard, qui laissent entrevoir déjà un au-delà du réalisme…

Cette manière nouvelle de représenter le monde poursuivra ultérieurement le parcours suivant deux directions distinctes.

Une voie figurative qui restera proche de la « réalité apparente » tout en l’exprimant d’une façon moderniste voire proche d’une vision scientifique : certaines vues de facture pré-cinématographique, le pointillisme (divisionnisme, en Italie) qui préfigure ou anticipe la vision pixellisée des images créées par ordinateur, le futurisme avec son exaltation du dynamisme, plus tard l’hyperréalisme…

L’autre voie est celle de la « réalité intérieure », invisible, imaginative, fantasmée, fantaisiste, onirique : le symbolisme, le surréalisme, l’art abstrait…

Cette double approche se poursuit de nos jours, avec la production d’images générées par l’intelligence artificielle, pouvant combiner réalisme et subjectivité.

Rumes 14/05/2024
Tourcoing 5/05/2024

Illustration : Paul Signac, 1909 – Avignon. Soir (le château des Papes) (détail)

Paul Signac figure comme un éminent représentant du post-impressionnisme
Il est reconnu (avec Georges Seurat) en tant que pionnier dans le développement du pointillisme, une technique de peinture qui fait partie du mouvement néo-impressionniste

La technique du pointillisme consiste, pour créer une image, à appliquer de petites touches de couleur pure côte à côte sur la toile, plutôt que de mélanger les couleurs sur la palette

Peindre la nature (1/2)

« Peindre la nature. Paysages impressionnistes du musée d’Orsay », tel était le titre de l’exposition présentée au MUba de Tourcoing. Quelle appréciation exprimer après ma visite (avec JM) ? Quelles réflexions ont surgi dans mon esprit ?

L’exposition était bien organisée, par sections, depuis les origines du mouvement impressionniste jusqu’à sa postérité.

Le premier sentiment qui s’est manifesté en moi c’est celui d’un certain ennui devant les représentations de jardins et similaires. Jardins polis, d’agrément et de décoration. Affaire personnelle : il est vrai que je ne suis pas excessivement sensible aux « charmes » de la nature. D’autant plus ici qu’elle est conventionnelle.

Ce qui me conduit à un autre aspect. La similarité avec la photographie et la banalité de certains sujets représentés qui me font songer, à certains égards, à une ébauche de réalisme socialiste.

Car, de fait, dès lors que la société de l’époque est ébranlée et transformée par la révolution industrielle et l’avènement de la photographie, l’art (et tout particulièrement pictural) était inévitablement destiné à se redéfinir.

Tourcoing 5/05/2024
Rumes 14/05/2024

Illustration : Paul Huet, 1856 – Ciel d’orage

Paul Huet est considéré comme un précurseur de l’impressionnisme par son style naturaliste, ses techniques de peinture en plein air et son utilisation de tons purs et de formes simplifiées pour capturer les variations de lumière et d’atmosphère

L’image dans la poésie

Est-ce que dans la poésie l’image est tout ?
J’en doute.

De quoi alors est composé un texte ? D’images certes mais aussi d’énonciations, d’idéologie, de logique, de valeur ajoutée aux mots (ou prestige), de sonorités (ponctuées de silences). De mythologie personnelle.

Les « courts-circuits » provoqués par les images somptueuses sont tels uniquement en raison de la nouveauté des associations d’idées. Une fois cette « nouveauté » (ou le système) épuisée, cette association perd sa raison d’être poétique.

Taintignies 3/03/1989

Illustration : Giorgio De Chirico, 1913 – La récompense du devin (La ricompensa dell’indovino)

La floche

Alors, parfois la vie ressemble aux manèges de l’enfance, lorsque les gamins s’élancent — enthousiastes ou au contraires intimidés — pour conduire qui une moto, qui une voiture, un avion, un autobus. Ou galoper à califourchon sur un cheval.

Et, invariablement, il y a toujours un plus grand qui prend toujours la floche.

Rumes 5/12/2007

Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Manège pour enfants »
Image générée par IA (intelligence artificielle)