Perspectives démographiques (1/2)

Depuis plusieurs décennies, la baisse constante de la fécondité humaine dans le monde est un constat indéniable.
Les causes en sont multiples. Le développement technologique et industriel, la contraception, l’urbanisation générale, l’amélioration du niveau de vie, l’émancipation féminine, la scolarisation plus élargie et prolongée, l’évolution culturelle valorisant davantage l’individu et l’aspiration au mieux-être personnel, concourent à ce nouveau cours sociétal.

La décroissance démographique est en marche et selon toute vraisemblance s’accélérera au fil des prochaines décennies.
Cette tendance vers la réduction de la population va impacter nombre de domaines aussi bien de nature technique que logistique mais également toute la sphère morale et éthique.
De nouvelles considérations verront le jour dans la manière d’évaluer et de prendre en compte le facteur humain et, en l’occurrence, son aspect quantitatif.

Il n’en a pas toujours été ainsi.
Jadis, et jusqu’à il y a peu, disposer d’une population nombreuse et en croissance pouvait figurer comme un gage de puissance au même titre que posséder des colonies ou la bombe atomique ou encore détenir d’importantes ressources de matières premières.

Une nation populeuse pouvait fournir plus de soldats pour la guerre et constituer également un gage de développement économique (main-d’œuvre et consommation).

Régimes autoritaires et démocratiques communiaient dans cette vision des choses.

Ainsi Mussolini ambitionnait d’élever la population italienne à 60 millions d’habitants déjà pour l’année 1950 (en 1940, les Italiens étaient 44 millions ; l’Italie atteindra 50 millions d’habitants en 1960). Une taxe visant, à partir de 25 ans, les hommes encore célibataires fut même expressément instituée dès 1927.


Hitler voyait plus grand encore en considérant que la nation germanique devait rapidement atteindre le chiffre de 250 millions d’individus (en vue d’une suprématie raciale). L’intégration de populations d’origine germanique disséminées en Europe, l’institution de haras humains voire l’adoption de la polygamie figuraient dans les plans et lignes d’action nazis.

De Gaulle, quand à lui, président élu au suffrage universel, envisageait une France pouvant accueillir 100 millions de Français, à l’instar de la population du Japon de son époque.

Rumes 28/02/2024

Illustration : Marcello Dudovich, 1934 – Giornata della madre e del fanciullo (Journée de la mère et de l’enfant)
Cette journée fixée significativement au 24 décembre, fut instituée en Italie en 1933, dans le cadre d’un dessein pronataliste (« Bataille des naissances »)

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