Je ne prétends pas être un poète

Je ne prétends pas être un poète. Je rôde aux frontières de la poésie et de la matière poétique. Mais je n’ai du poète ni la gravité ni la fantaisie. Encore moins la prétentieuse manie de vouloir accéder à « autre chose », à des degrés.

Les textes que j’écris sont plutôt des formes de complaisance vis-à-vis de mon intellect et de mon histoire (explicite et intime). Ma « poésie », en quelque sorte, n’est que ma « putain de service ».

Taintignies 12/11/1987

Illustration : Maison close

« Studio 64 »

Mon oncle Gaétan arriva, ce jour-là, tout enthousiaste chez nous. Il avait appris qu’un concours de musique, avec des prix à la clé, allait se dérouler dans une des écoles de la ville.
Il convainc mon père que je dois participer à ce concours avec son fils. Rectificatif : pas nécessaire de convaincre mon père, cela allait de soi.

Le temps de sangler mon accordéon dans une sacoche et me voilà embarqué dans la Renault Dauphine.
Direction l’école en question. Pour la circonstance, la grande pièce où se déroulait le concours avait été baptisée « Studio 64 ».

Affluence bon enfant des fancy-fairs d’antan, sans smartphones, sans selfies, sans Facebook et sans jeux vidéos.

Une estrade, c’est notre tour. Face au public et au jury. On installe les pupitres, on sort nos partitions de chansons populaires. Nous concourrons, en duo, mon cousin Angelo Gallo et moi, dans la section « instrumental », lui avec son accordéon rouge, moi avec mon accordéon vert.
La prestation se passe plutôt bien. Applaudissements.

Il fallut attendre au soir la proclamation des résultats. Vive satisfaction des parents : nous avions gagné le premier prix. Nature de la gratification remise aux jeunes héros ? A chacun un pyjama !

Bruxelles 25/01/2016

Illustration : Le « Studio 64 » installé dans l’école des frères à Tourcoing (France), 1964 (photo Nord Eclair)

Calendario personale

E così un altro anno è cominciato, con la speranza (mai sopita) in ognuno di noi che l’anno « nuovo » sarà migliore, più proficuo, più buono.
L’eterno venditore di almanacchi del Leopardi all’angolo dell’anno nuovo.

E poi, il disincanto puntuale, gioie ma anche pianti, luci ed ombre, vittorie e disfatte.
Banale corso dei giorni.

Ovviamente, non è il calendario che detta una sua legge (i calendari sono come dei notai : prendono atto in modo formale del « contratto » annuale), no, sono gli « eventi ».
Sono proprio gli eventi a darci il senso del tempo, a segnare le cornici della nostra esperienza, a stimolare le nostre interpretazioni.

Ognuno, quindi, vive al ritmo di un calendario personale che solo raramente combacia con quello del vicino. I tempi sono diversi, le sensazioni, le reazioni anche.

Quello che ci accomuna con gli altri è la « fatalità » del dover vivere.
Ed è per questo che gli almanacchi talvolta ci possono servire : come feticismo, come ricettacolo delle nostre angosce.

Bruxelles 16/01/2009

Illustration : Anonyme (école française), 17e siècle – Colporteur

L’essentiel

En somme il faudrait rejoindre
L’essentiel mais d’abord il
Faudrait déterminer avec
Précision son emplacement
Et sa nature réelle
Ensuite préparer une
Expédition digne de ce nom
Enfin être disponible
Intérieurement sans compter que
D’ici là beaucoup d’éléments sont
Susceptibles de modification
Et précisément les coordonnées
Qui déterminent l’essentiel
Par conséquent
Je suggère de revoir ce
Problème d’ici quelque temps.

Taintignies 12/04/1989

Illustration : Robert Indermaur – Trou d’eau IX

Citrons

Les citrons me désarçonnent
Ils m’attirent et me révulsent
Me fascinent et me griffent
Pourtant leurs atours sont avenants
D’un éclat soutenu solaire
C’est leur nature d’être ambigus
Mais d’une manière si sincère.

Tournai 5/09/2018

Illustration : Gérard Fally – Citrons

Constructions mentales

J’aime les paradoxes car ils permettent de glisser sur les raccourcis de la réalité. Nous font-ils approcher les imperfections de ce qui est ? Aussi, sans doute. Et les savants, les philosophes, les poètes peuvent trouver dans ces représentations des poternes pour entrer dans des mondes parallèles.

Ces mondes parallèles existent par nos constructions mentales. On peut les inventer. La preuve ?

Prenez une carte du monde (planisphère). Inversez-la. Ce n’est plus la terre accoutumée. Ces continents mis sens dessus dessous deviennent tout d’un coup étranges.

Il nous semble de visualiser l’état de continents d’époques géologiques révolues ou mieux l’image inédite d’une planète tellurique surgie du fin fond de quelque galaxie. Terre « autre » que recherchent, avec leurs télescopes, les astronomes assidûment.

Tournai 17/11/2009

Illustration : Carte inversée du monde

La parabola dell’arancia

Mio padre mi raccontava questa parabola :

« C’era una volta una persona che stava camminando e ad un tratto gli venne un pò di fame. Frugando nella sua borsa a tracolla ne trasse via un’arancia, l’unica cosa da mangiare che aveva. La sbucciò, sentì il profumo che emanava dal frutto, si mise in bocca gli spicchi.

Notò allora che dinnanzi a lui, un po’ più avanti, un’altra persona aveva avuto la stessa sua idea. Ma quella persona aveva una borsa più grande ed egli vide che aveva molte più cose da mangiare.

Stava per lamentarsi quando, voltandosi, vide dietro di lui, a poca distanza, un’altra persona che non aveva nessuna borsa e che stava raccogliendo le bucce che lui aveva appena buttato. »

Aggiungeva mio padre :

« Certo, uno deve sempre guardare davanti a sé ma senza invidia perché dietro c’è sempre qualcuno che sta peggio di te ».

Bellissima parabola.

Contrariamente alla prima impressione che uno potrebbe ricavarne, essa non significa minimamente rinunciare ad andare avanti, a realizzare i propri progetti. E nemmeno a tollerare un qualsiasi status quo.

Questa parabola, a mio parere, insegna ad avere fiducia in sé, a non vedere le cose in modo unilaterale, ad essere equilibrati nei giudizi e quindi temperati nell’agire.

Rumes 14/01/2008

Illustration : Renato Guttuso, 1969 – Oranges amères (Arance amare)