Il castello — detto normanno — si ergeva non tanto lontano dal paese. Bei ruderi tramandati da epoche irrequiete.
Uno zio, quello tornato dal Venezuela, aveva comperato i campi ai piedi del monumento e li coltivava. Andai a visitare il castello con mio padre e mio fratello, era d’estate.
Esso dominava il panorama circostante esprimendo certa fierezza per la propria resistenza agli effetti del tempo.
Toccare di mano un castello « normanno », nel proprio paese natio per di più, era fonte di altrettanta fierezza, di emozione intensa, per me, ragazzo quattordicenne appassionato di storia e vivente a 3000 km dalla Sicilia.
Con la macchina fotografica (ricordo, di marca Bencini), feci tante fotografie in bianco e nero del sito : di fronte, di profilo, anche dalla parte più ripida. Fotografie dimenticate ormai in qualche cassetto o dentro qualche scatola in soffitta.
Rumes 13/09/2008
Illustration : Arcangelo Petrantò, 1966 – Château normand (« lu castiddrazzu ») de Delia (Sicile)
Certains livres peuvent nous abattre, certains auteurs nous déstabiliser.
J’ai beaucoup lu Apollinaire. J’aimais son écriture « moderniste », imagée, directe. Mais sa mélancolie native venait résonner contre la mienne. Au début, d’une manière discrète mais qui allait progressivement s’amplifiant.
Par la suite, je m’aperçus que chaque fois que je lisais Apollinaire je tombais en déprime, je devenais malade au sens littéral du terme. J’ai dû cesser de le lire.
Sans doute, certains écrivains — poètes en particuliers — sont-ils liés à des saisons précises de notre vie, tantôt éclatantes, tantôt chagrines. Apollinaire, d’une certaine manière, alimentait vigoureusement cette seconde veine.
Ce qui me passionne précisément dans l’esprit et l’action de la Rome antique c’est le caractère stratégique. Comme l’a fait remarquer Umberto Eco, la délimitation de l’espace et de la frontière. De la création de villes aux confins du désert au tracé de routes essentielles dans les pays les plus divers. Sur le plan des idées, la constitution du Droit et de l’institution juridique là aussi détermination de frontières, création d’espaces disciplinés.
Taintignies 2/06/1986
Illustration : Mur d’Hadrien, édifié entre 122 et 127 de notre ère au nord de l’Angleterre (antique Britannia), pour délimiter la frontière de l’Empire romain (le Mur d’Hadrien est inscrit sur la liste du patrimoine mondial)
La figuration du monde m’appartient Je sais comment circonscrire Les diverses fonctions du connu Et rendre compréhensible Les écheveaux complexes de l’indicible
2 – Géographe
Mais vos catégories Ne définissent que des chimères Moi je trace des certitudes Et transcris les frontières vraies de la matière
1
Vous déterminez les couleurs Et la physionomie du rêve Et moi je l’interprète
2
Fallacieuses randonnées Mythologie du verbe La réalité ne se laisse appréhender Que dans la rigueur de ses données
1
Derrière les structures sensibles Se manifestent les contours de l’idée
2
Le réel ne cache aucune carte Dans les poches de son gilet…
Taintignies 22/05/1983
Illustration : Gustave Courbet, 1855 – L’Atelier du peintre (détail)
Le guerre italiane sono strane. Mio padre, i miei zii, un cugino di mio padre hanno combattuto durante la seconda guerra mondiale sui teatri di operazioni più vari : in Africa orientale e settentrionale, in Russia, nei Balcani. Ai lati della Germania.
Ma, oltre che in Kenya, Algeria, Stati Uniti, si sono ritrovati prigionieri anche in Germania (ex alleato).
Sembra la prefigurazione di una « commedia all’italiana » anni ’60. Commedia amara e drammatica. Il cugino di mio padre dalla Russia non è mai tornato.
Rumes 18/02/2008
Illustration : Archives familiales – Calogero Ferrante, né en 1913 et porté disparu pendant la campagne de Russie en 1942
Cette fois, qui sait, le thème pouvait m’inspirer. Sur une page blanche, je commençai à transcrire des expressions où intervenait le mot « blanc ». Le domaine était vaste, diantre, et mon cerveau s’élançait tous azimuts ! Page blanche (justement !), blanc-seing, donner carte blanche, le cap Blanc-Nez, la mer Blanche, un domestique nourri, logé et blanchi, blanc comme lys, passer une nuit blanche, hisser le drapeau blanc, produit blanc, la Marche blanche, blanchir sous le harnais, bulletin blanc, blanc-bec, manger du boudin blanc et de la viande blanche…
Mon imagination poursuivait entre-temps les suggestions fomentées par ce(s) blanc(s). Une nouvelle située dans l’Arctique, inspirée d’une légende inuit ou la chronique de l’inauguration d’une carrière de glace où l’on débiterait les blocs de banquise. Un épisode inédit de la vie de Blanche-Neige fictivement attribué à Walt Disney. Le journal secret d’un mafieux relatant minutieusement ses états d’âme et ses opérations de blanchiment d’argent. Une histoire codée dans le milieu de la musique, jazz-band ou orchestre symphonique, où des notes et en l’occurrence des blanches auraient une signification dramatique bien précise. Une histoire de téléphones blancs inspirée du cinéma italien des années 1930. Une histoire de nom jeté, celle d’un certain « Blanc-Blanc », par exemple, et pour en augmenter l’agrément littéraire, je prétendrais que l’anecdote m’aurait été racontée par ma grand-mère lors d’une veillée funèbre. Une histoire de mariage blanc entre noirs. Une histoire de montagnes, de neige éternelle, de guides, de courage et de cran où interviendrait le Mont-Blanc. Et pour être politiquement correct, la dimension transfrontalière de cette célèbre montagne serait prise dans sa juste considération. Une variante pourrait en être la relation d’un acte d’héroïsme passé sous silence par les médias, lors de l’incendie qui avait provoqué la mort de quarante personnes en mars 1999 dans le tunnel, précisément, du Mont-Blanc. Un récit de duel à l’ancienne, armes blanches, une histoire d’affront à laver dans le sang. Et lorsque l’affront aurait été lavé on apprendrait que le sang n’était pas rouge mais blanc, génétiquement modifié. Une histoire d’espionnage industriel où la pièce maîtresse de l’enjeu serait un agent blanchissant au-dessus de tout soupçon ?
Mon cerveau avait beau battre la campagne, s’exalter, courir après les idées, sœur Anne, point de nouvelles en vue. Non, décidément, l’inspiration me faisait défaut. Ce thème « Blanc(s) » ne me disait vraiment rien qui vaille, pas la moindre bribe d’inspiration. Pour cette année c’était fichu. Adieu prix, réception, photos et télévision. L’année prochaine, peut-être, qui sait, un thème qui m’irait comme un gant ? Tiens « gant(s) » ça pourrait être un thème intéressant, non ?