All’opposto degli altri

All’opposto degli altri
Non abbiamo voluto
Guardare in alto
Ci sembrava buffa
Quella maniera
Comoda di sistemare
Il male o bene che sia

Così ci siam tuffati
Nel pozzo costellato
I cui fianchi vanno
Allargandosi verso
Insospettati confini

E voi a lungo sull’orlo
Della fontana terrificante
Ci avete seguiti.

Taintignies 17/04/1989

Illustration : Randy Scott Slavin – « Big sur » (California, USA)

L’ail

Assurément
Par ton goût âcre et vif
Tu as mauvaise presse
(En dépit de tes multiples atouts)
Mais que tu sois blanc rose ou violet
Je t’aime protège-moi je te prie
Dissuade autour de moi
Mauvais œil vampires zombies
Mais aussi amoureuses importunes.

Rumes 31/10/2018

Illustration : Sandrine Verdier, 2010 – Têtes et gousses d’ail

Pirandello

Assisté à la représentation (réussie) de « Six personnages en quête d’auteur » de Luigi Pirandello au théâtre de la Place des Martyrs à Bruxelles.

Cette pièce, centrée sur l’autonomie des personnages par rapport à l’auteur — une fois qu’ils ont été créés — et en même temps sur leur nécessaire et invariante destinée, est bien représentative de l’état d’esprit de Pirandello.

Elle aborde (certes d’une manière quelque peu intellectualisante) le thème central de toute son œuvre : le problème de l’identité. Et par conséquent du jeu (théâtral ou social, c’est idem) de l’illusion, de la vérité, de la fiction que tout un chacun anime. Pour tout dire, de la folie et de la raison.

Pirandello n’avait qu’à puiser autour de lui pour exprimer cette réflexion : lui qui est né dans un lieu-dit appelé Chaos (lequel symbolise mieux que tout autre mot l’absence de repères) ; près d’une ville qui a changé de nom (Girgenti est devenue Agrigente en 1929, sous Mussolini) ; dans cette terre sicilienne des Grecs qui avaient voulu démythifier les Dieux et la Nature elle-même (c’est-à-dire leur enlever le masque de l’apparence) ; qui a vécu avec une femme devenue folle.

Lui, originaire d’une Sicile qui a été, tout au long de son histoire, un territoire de frontière (et l’on sait que dans ces territoires critiques les problèmes identitaires sont exacerbés), relié à un pays aussi où la Mafia constituait déjà une puissance régissant d’une manière occulte la vie des gens, organisation dont l’existence est niée, parfois, par les Siciliens eux-mêmes.

Rumes 19/01/2008

Illustration : Massimo Tuzio, 2019 – Statue de Luigi Pirandello (Capriate San Gervasio, Italie)

Elise et Flavia s’étaient perdues

Elise et Flavia s’étaient perdues
En s’avançant entre les tiges
Du champs de maïs voisin

« En continuant à marcher tout droit »
Dit avec assurance Flavia
« On arrivera au bout du champ
Et alors on rentrera à la maison »

Flavia au doux nom romain
Expérimenta ce jour-là d’un coup
La maîtrise de soi
Le pouvoir de conviction
Et les dimensions finies des surfaces
Des actions et du temps.

Rumes 31/08/1999

Illustration : champ de maïs

Castello normanno

Il castello — detto normanno — si ergeva non tanto lontano dal paese. Bei ruderi tramandati da epoche irrequiete.

Uno zio, quello tornato dal Venezuela, aveva comperato i campi ai piedi del monumento e li coltivava.
Andai a visitare il castello con mio padre e mio fratello, era d’estate.

Esso dominava il panorama circostante esprimendo certa fierezza per la propria resistenza agli effetti del tempo.

Toccare di mano un castello « normanno », nel proprio paese natio per di più, era fonte di altrettanta fierezza, di emozione intensa, per me, ragazzo quattordicenne appassionato di storia e vivente a 3000 km dalla Sicilia.

Con la macchina fotografica (ricordo, di marca Bencini), feci tante fotografie in bianco e nero del sito : di fronte, di profilo, anche dalla parte più ripida.
Fotografie dimenticate ormai in qualche cassetto o dentro qualche scatola in soffitta.

Rumes 13/09/2008

Illustration : Arcangelo Petrantò, 1966 – Château normand (« lu castiddrazzu ») de Delia (Sicile)