Il viaggio

Già da alcuni mesi avevo capito che lei non sarebbe più rimasta da sola a lungo nella sua casa sebbene si vantasse di essere autonoma, di fare le spese da sola, di poter reggere tutto come di solito.
Orgoglio di non chiedere niente a nessuno, consuetudine radicata di poter fare tutto da sé.
E lo dimostrava anche : ogni volta che pranzavo o cenavo da lei mi preparava da mangiare come prima, esattamente come prima. Mi assicurava che tutto andava bene.
Ma constatavo che la sua memoria cominciava talvolta a balbettare, ogni tanto non ritrovava talune cose.
Mi sentivo in dovere di agire in qualche modo, a breve scadenza, per prevenire situazioni più gravi.

Qualche giorno dopo il suo compleanno (festeggiato al ristorante, noi tutti contenti, lei felice), gli eventi erano precipitati.
Ricoverata in ospedale per più di un mese. Per problemi molto gravi. Probabilmente, da almeno un anno aveva smesso di prendere alcuni medicinali.
Non sarebbe più potuta tornare a vivere da sola a casa sua. Era definitivamente escluso.

Ma era difficile anche per la famiglia tollerare la semplice idea (prospettata) di farla « ospitare » in un ricovero per persone anziane. Accorrevano con le armi in mano : le tradizioni, i sensi di colpa, il desiderio forte di agire diversamente.

« — Se vai a stare con tua figlia, cosa ne pensi ? »
« — Da mia figlia io ci resterò volentieri. È mia figlia… ».

È così che la mamma ha lasciato la Francia dove era vissuta da tanti anni e la sua cara casa.
L’ho accompagnata io in Italia, da mia sorella.

È stato un viaggio intenso, seppur breve, in aereo.
All’arrivo, sulla pista d’atterraggio, gli tenevo il braccio mentre ci dirigevamo verso gli edifici dell’aeroporto. Seguivamo la segnaletica che indicava il percorso obbligatorio. Io pensavo intanto : si sta chiudendo un vasto ciclo, e mi tornava in mente l’arrivo in Francia quando io ero bambino. Era lei allora a tenermi per mano.

Questa visione si è materializzata in un istante. Poco più avanti una donna teneva il braccio di un bambino che gli stava accanto. Poi li abbiamo sorpassati.

Rumes 26/12/2008

Illustration : Carlo Carrà, 1917 – Madre e figlio (Mère et fils)

La séduction possède ce pouvoir

1

La séduction possède ce pouvoir
Inquiétant exorbitant
De réduire l’autre à merci

2

Gravir les degrés du corps
Manipuler le vertige des intentions
Peut conduire à l’apaisement le plus fort

3

Mais en voulant rejoindre l’absolu
On découvre parfois les rouages
De l’indifférence de l’ironie du sort
A mi-chemin entre l’austère morale
Et l’allégresse du voyeur.

Bruxelles 23/12/1987

Illustration : Nick Caro, 2011 – Rouages

ZH et CC

Comparée à la flotte impériale chinoise du grand navigateur Zheng He (1371-1433) — 200 navires, un navire amiral une fois et demi plus long qu’un terrain de football et près de 30 000 personnes (marins, soldats, artisans, concubines, astronomes, cartographes) composant les expéditions navales —, la flottille de Christophe Colomb semble bien dérisoire.

Pourtant, les voyages de l’amiral Zheng He ne constitueront, en fin de compte, que des expéditions de prestige visant tout au plus à recueillir des tributs en faveur de l’empereur de Chine.

Les trois coquilles de noix de Christophe Colomb, amiral de la mer océane, bouleverseront l’état du monde avec des effets durables — dans le bien et dans le mal — jusqu’à nos jours.

Mais cette éclosion maritime chinoise précoce et la colonisation chinoise avortée laissent entrevoir ce que pourrait être, à lavenir — mais il est déjà amorcé —, le réveil complet de la Chine : un ordre de marche démesuré, global, coordonné.

Rumes 15/09/2009

Illustration : L’armada de Zheng He

Pour vivre ici

S’il est un texte qui m’a révélé une voie poétique, c’est bien le poème « Pour vivre ici » de Paul Eluard :

J’ai fait un feu l’azur m’ayant abandonné…

Ce texte m’avait bouleversé, adolescent, par sa simplicité formelle, sa symbolique puissante, son cheminement vers l’essentiel.

Pendant très longtemps, ce poème m’a hanté et maintenant encore il continue à me dire quelque chose. Quelque chose qu’il est cependant difficile d’exprimer d’une manière « décodée ».

Car la poésie est un langage dans le langage et elle se joue des significations communes. La poésie ouvre sur un monde virtuel où l’intuition et les signes jouent un rôle démesuré, décisif, hors de proportion avec le « monde réel ».

Dans les poèmes, l’espace-temps est malmené et les liaisons s’effectuent par le biais de raccourcis.

Rumes 9/03/2008

Illustration : Feu de bois

Pommes

Dans l’adolescence
Vous étiez mon fruit préféré
(Ma vie alors était toute inversée
Telle qu’un devin me l’avait notifiée)
J’étais en consonance avec votre saison naturelle
Je vous ai délaissées lorsqu’est arrivé l’été.

Sost 16/08/2018

Illustration : Miguel Angel Nuñez, 2018 – Pommes vertes sur fond bleu

Le arterie

Si stava festeggiando quella sera un parente che si era diplomato da geometra.

Ad un tratto, il nonno già ottantenne si alzò e dirigendosi tra la gente che stava ballando esclamò : « mamma ma che ci fai tu qua ? »

Io ero ragazzo. La scena si svolgeva d’estate in Sicilia, un’orchestrina stava suonando « la fisarmonica » di Gianni Morandi.

Il nonno fu riportato a sedere. Le arterie. Proprio così la famiglia diceva.

Bruxelles 22/02/2008

Illustration : La fisarmonica

Quelques repères dans le flux des instants

Je ne prétends pas être un « véritable » écrivain ni prolifique ni génial. Comme je l’ai déjà dit, mon écriture ce sont des notes que je prends tout au long de mon parcours. Mes impressions, comptes-rendus et réflexions témoignent de mon vécu. Pas d’orgueil. Moins encore de grandes ambitions. Quelques repères dans le flux des instants, des jours, des ans. A usage personnel avant tout. Car l’écriture est en premier lieu une confrontation avec soi-même, une mise au point, un état des lieux et des routes. Je ne suis pas un forcené de l’écriture. Et je n’aspire pas à des reconnaissances éclatantes. Le cas échéant, à une évaluation juste et vraie.

Rumes 24/07/2018

Illustration : Anonyme, 1975 – Silhouette d’Arcangelo Petrantò