E così un altro anno è cominciato, con la speranza (mai sopita) in ognuno di noi che l’anno « nuovo » sarà migliore, più proficuo, più buono. L’eterno venditore di almanacchi del Leopardi all’angolo dell’anno nuovo.
E poi, il disincanto puntuale, gioie ma anche pianti, luci ed ombre, vittorie e disfatte. Banale corso dei giorni.
Ovviamente, non è il calendario che detta una sua legge (i calendari sono come dei notai : prendono atto in modo formale del « contratto » annuale), no, sono gli « eventi ». Sono proprio gli eventi a darci il senso del tempo, a segnare le cornici della nostra esperienza, a stimolare le nostre interpretazioni.
Ognuno, quindi, vive al ritmo di un calendario personale che solo raramente combacia con quello del vicino. I tempi sono diversi, le sensazioni, le reazioni anche.
Quello che ci accomuna con gli altri è la « fatalità » del dover vivere. Ed è per questo che gli almanacchi talvolta ci possono servire : come feticismo, come ricettacolo delle nostre angosce.
Bruxelles 16/01/2009
Illustration : Anonyme (école française), 17e siècle – Colporteur
En somme il faudrait rejoindre L’essentiel mais d’abord il Faudrait déterminer avec Précision son emplacement Et sa nature réelle Ensuite préparer une Expédition digne de ce nom Enfin être disponible Intérieurement sans compter que D’ici là beaucoup d’éléments sont Susceptibles de modification Et précisément les coordonnées Qui déterminent l’essentiel Par conséquent Je suggère de revoir ce Problème d’ici quelque temps.
Les citrons me désarçonnent Ils m’attirent et me révulsent Me fascinent et me griffent Pourtant leurs atours sont avenants D’un éclat soutenu solaire C’est leur nature d’être ambigus Mais d’une manière si sincère.
J’aime les paradoxes car ils permettent de glisser sur les raccourcis de la réalité. Nous font-ils approcher les imperfections de ce qui est ? Aussi, sans doute. Et les savants, les philosophes, les poètes peuvent trouver dans ces représentations des poternes pour entrer dans des mondes parallèles.
Ces mondes parallèles existent par nos constructions mentales. On peut les inventer. La preuve ?
Prenez une carte du monde (planisphère). Inversez-la. Ce n’est plus la terre accoutumée. Ces continents mis sens dessus dessous deviennent tout d’un coup étranges.
Il nous semble de visualiser l’état de continents d’époques géologiques révolues ou mieux l’image inédite d’une planète tellurique surgie du fin fond de quelque galaxie. Terre « autre » que recherchent, avec leurs télescopes, les astronomes assidûment.
« C’era una volta una persona che stava camminando e ad un tratto gli venne un pò di fame. Frugando nella sua borsa a tracolla ne trasse via un’arancia, l’unica cosa da mangiare che aveva. La sbucciò, sentì il profumo che emanava dal frutto, si mise in bocca gli spicchi.
Notò allora che dinnanzi a lui, un po’ più avanti, un’altra persona aveva avuto la stessa sua idea. Ma quella persona aveva una borsa più grande ed egli vide che aveva molte più cose da mangiare.
Stava per lamentarsi quando, voltandosi, vide dietro di lui, a poca distanza, un’altra persona che non aveva nessuna borsa e che stava raccogliendo le bucce che lui aveva appena buttato. »
Aggiungeva mio padre :
« Certo, uno deve sempre guardare davanti a sé ma senza invidia perché dietro c’è sempre qualcuno che sta peggio di te ».
Bellissima parabola.
Contrariamente alla prima impressione che uno potrebbe ricavarne, essa non significa minimamente rinunciare ad andare avanti, a realizzare i propri progetti. E nemmeno a tollerare un qualsiasi status quo.
Questa parabola, a mio parere, insegna ad avere fiducia in sé, a non vedere le cose in modo unilaterale, ad essere equilibrati nei giudizi e quindi temperati nell’agire.
Ecrire de la poésie, c’est écrire « autrement », c’est-à-dire par symboles et raccourcis, en élaborant en même temps qu’en exprimant une mythologie personnelle. La poésie se déploie essentiellement par secousses sismiques. C’est son mode de fonctionnement. L’intuition y joue aussi un rôle essentiel.
Bruxelles 5/04/2006
Illustration : Fantaisie de Gérard de Nerval, manuscrit autographe signé et daté 1833
Certo che fare il pendolare non ti apporta nessuna gloria. Anzi, la monotonia del percorso, il grigiore della quotidianità ripetuta ancora e ancora, i sedili impersonali, l’indifferenza generale dei viaggiatori, estendono dentro di te un velo opaco di noia, di freddo silenzioso, quasi di nebbia del cuore.
Meno male che ci sono i libri, i computer portatili, i telefonini per distrarre dal senso di vacuità di questa linea del tempo in sospensione ;
Meno male che talvolta (di rado) ci sono certi incontri, certi dialoghi, certi sorrisi e certe mosse ;
Meno male che dai finistreni irrompono certi flash : un cavallo baio sul prato, case in costruzione, nidi sugli alberi, il sole nascente con la sua tavolozza di rossi gialli arancioni, oppure una nuvola tutta grigia simile ad un sommergibile.
Rumes 5/11/2009
Illustration : Vue depuis la fenêtre d’un train en mouvement
Je m’étais retrouvé, à l’occasion d’un souper organisé par le club de conversation italienne de Tournai, à la même table d’un nouveau venu au club, Joseph P., un membre que je ne connaissais pas et avec lequel, par la force des choses, je n’avais jamais échangé.
Quand je précise à ce-dernier, lors des présentations, que j’habite à Rumes, « Ah ! », s’exclame-t-il, « je connais bien Rumes, j’y suis venu souvent ».
Je spécifie alors que j’habite dans la maison qui avait appartenu au docteur Maurice Delbecque, le chef de la Résistance, pendant la guerre. C’est alors qu’il ajoute et je reçois cela avec un certain effet : « Son fils Jean était mon ex-beau-père ! ».
Bien sûr, nous avons parlé de l’engagement dans la Résistance du docteur Delbecque et je ne peux alors m’empêcher de demander à mon interlocuteur si le docteur avait caché chez lui des aviateurs alliés.
« Il a abordé un jour ce sujet », me confia-t-il. « Non, c’était très dangereux. Cependant, il admit qu’une fois, une seule fois, il dissimula un aviateur dans sa maison ».
Était-ce le bel homme blessé qu’avait vu en flash, allongé dans le salon, Nunzia G. ?
Vincent D. et Lucas M. — un autre passionné d’histoire locale et notamment des personnages et péripéties liés à la Résistance pendant la seconde guerre mondiale, que Vincent D. m’avait proposé de contacter — m’indiquent peut-être la clé de l’énigme : il pourrait s’agir de Charles Carlson, pilote américain dont l’avion bombardier avait été abattu et qui avait miraculeusement survécu à un saut sur nos contrées (son parachute avait été endommagé à bord de l’avion lors du mitraillage !).
Ils me communiquent plusieurs photos de Carlson. Blessé à l’atterrissage, le pilote récupéré ne pouvait dès lors suivre la filière classique d’exfiltration.
A-t-il été soigné clandestinement par le Docteur Maurice Delbecque ? Très certainement. Est-il resté caché convalescent pendant quelques jours ou davantage dans la maison du Docteur ? Le témoignage de Joseph P. semble le confirmer.
Reprenant contact avec Nunzia G., je transmets à celle-ci les photos du pilote américain. « Ressemblant », me répond-elle, dans son mail. Et en effet, Carlson a des cheveux (très) noirs et apparemment ondulés. « Ressemblant, mais le nez était plus fin ».
La personne que Nunzia G. a vu dans son « flash » était plongée dans la semi-obscurité. S’il s’agit bien de Charles Carlson, comme on peut le supposer, se pourrait-il que la pénombre aurait altéré la perception de la forme du nez ?
Rumes 30/11/2022
Illustration : Charles Carlson. C’est la photo qui a été utilisée par la Résistance française lors de la confection, pour cet aviateur américain, de faux papiers d’identité (mai 1944)