
J’ignore les ressorts
Qui conduisent à la quiétude
Ces collines rondes
Qui me servent de repères
Dans une navigation sans plan de vol
M’émeuvent.
Tournai 17/09/2008
Illustration : Gerardo Dottori, 1949 – Umbria vergine (Ombrie virginale)

J’ignore les ressorts
Qui conduisent à la quiétude
Ces collines rondes
Qui me servent de repères
Dans une navigation sans plan de vol
M’émeuvent.
Tournai 17/09/2008
Illustration : Gerardo Dottori, 1949 – Umbria vergine (Ombrie virginale)

Un passo davanti all’altro
E via ma quanti fili
Calati da cima
Sostengono le dita
Le ciglia le ossa
Spaccate dalla smorfia
Che precipita
Senza sosta nessun monito
Camminare dritto e nemmeno
Sapere dove si cela
Infido il gran vecchio
Solo si odono le risa.
Taintignies 26/05/1989
Illustration : Louis de Budt (actif à Lille), 4e quart du 19e siècle – Marionnette

Avec sa taille haute
Et sa tête quasi chauve
Il inspirait à ses élèves
Une crainte sans pareille
Dans sa classe réputée austère
La mappemonde rendait
L’atmosphère encore plus pesante
En parlant de Rome et de la Gaule
Il nous montrait des photos de Glanum en Provence
Le souvenir de ‘40
Etait vivant à fleur de peau
Lorsque des cancres
Incisaient leur table de croix gammées
Ils étaient durement réprimandés
Les garnements se vengeaient du maître
En allant pisser sur son auto.
Tournai 18/08/1985
Illustration : Site gallo-romain de Glanum dans l’actuelle commune de Saint-Rémy-de-Provence (France)

Que dire du film de Mario Martone, « Il giovane favoloso » (que j’ai déjà revu plusieurs fois) ? Exceptionnel, intimiste, crédible.
Il rend compte avec réalisme et sensibilité de la vie de Giacomo Leopardi. Depuis sa bibliothèque-prison d’enfant prodige jusqu’à sa retraite napolitaine marquée par l’éruption du Vésuve, depuis la vision idyllique de l’enfance (noble et insouciante) jusqu’à sa vie ultérieure marquée par la déchéance physique et l’absence d’un amour véritable.
Le film rend bien la relation complexe avec le père et le milieu familial provincial et étouffant.
Au fur et à mesure que Leopardi se recroqueville, nous assistons à son calvaire et cruel destin. Physiquement, il devient, en dépit de son esprit ou peut-être justement à cause de lui, complètement dérisoire. Il a beau écrire des textes sublimes, c’est une sorte de gnome. Un pur esprit emprisonné dans un corps difforme.
Tournai 19/01/2016
Illustration : Mario Martone, 2014 – « Il giovane favoloso » (photogramme tiré du film), avec Elio Germano dans le rôle de Giacomo Leopardi

— Je suis une paillette (dit-elle)
La gloire de ce tableau vivant
Une merveille et plus encore
Et pourtant même si je brille
D’un éclat parfait j’aspire parfois
A moins d’apparat
Mais comment faire
Sans m’humilier ?
Que deviendra la scène sans moi
Est-ce qu’encore on me regardera ?
Bruxelles 3/12/2010
Illustration : Dana Chirpac – Femme blonde avec poussière de paillettes

Si era comprato una bicicletta
Per andare fino a Pechino
Giunto al primo crocevia
Pensò : perbacco non è così vicino
E decise allora
Di fare solo il giro del paesino.
Taintignies 20/04/1986
Illustration : Grand bi

Vieux journaux et vieilles revues, documents divers et variés accumulés au fil des années que je trie maintenant, jette, déchiquette, brûle. Un peu comme les éléments d’un mandala que l’on détruit et qui viennent signifier la fugacité de toute chose.
Rumes 28/04/2018
Illustration : Mandala tibétain

Les femmes, toutes de noir vêtues, insufflaient au quotidien une dimension tragique. Cette omniprésence du deuil faisait d’autant plus ressortir cependant les couleurs brutes. Le rouge vif de la sauce tomate et des pastèques, le bleu intense de la mer et du ciel, le jaune cru de l’astre solaire, le vert apaisant des vignes et des vergers.
C’était l’époque de la transition entre le monde ancien et celui de la « modernité », ces années charnières dont parlait Pasolini dans son poème « Io sono una forza del Passato ». Rien n’avait vraiment changé depuis l’Antiquité et tout commençait à être bouleversé irréversiblement.
On était au début de la motorisation généralisée. Vespas et petites voitures utilitaires commençaient à se faufiler dans les ruelles étroites des villages. Mais un état d’esprit de frugalité et de sobriété continuait de régner. Une simplicité dans les mœurs, une authenticité enracinée.
Cette Italie du Sud-là renvoyait des images d’absolu, d’éternité. Paradis des photographies contrastées. Toutes les femmes habillées de couleur corbeau contribuaient ainsi au triomphe momentané de la photo en noir et blanc.
Rumes 24/01/2008
Illustration : Archives familiales, seconde moitié des années 1960 – Femmes siciliennes

Dans le grand parc
Non plus vert mais violet parfois
Et sans attendre d’arc-en-ciel
Le Poète regarde
Derrière ses lunettes
De cellophane colorée
La réalité
A-t-elle jamais été
Vérité
Mensonge ou certitude
La pluie entre-temps
N’arrête pas de tomber
Sur les gens et les statues rouges
Des escargots se traînent
En sortant leurs antennes.
Tourcoing 12/08/1977

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