Qui aime le chou Guérit de tout Voilà ce que proclamait Caton Barbatus Alias le vieux Caton J’ai pris la résolution De servir du chou A tous mes menus Et pour la salvation De l’humanité Je voudrais instituer Un lobby du choux Je pourrais gagner Beaucoup d’argent.
Rumes 15/07/2019
Illustration : Firmin Baes, 1903 – La petite fille au chou
Je viens de terminer la lecture de « La côte sauvage » de Jean-René Huguenin (publié en 1960). Cet auteur avait accompagné mon adolescence avec son « Journal ».
C’est toute une dimension de ma vie qui a resurgi à cette occasion. Une adolescence d’apparence rayonnante, sûre d’elle-même, volontiers polémiste et provocante mais en fait radicalement meurtrie, submergée et « aphone ».
Le « Journal », remarquable, m’avait aidé à structurer une conception « littéraire » de l’existence. Ce livre fut pour moi, d’une certaine manière, un modèle et d’autant plus prégnant que l’auteur était mort accidentellement à l’âge de 26 ans : Jean-René Huguenin m’était proche non par la génération (il était né en 1936) mais par son âge à jamais arrêté. Il figurait comme un grand frère.
Dans le souvenir que j’en ai gardé, dans son « Journal » il était dur. Avec les autres et avec lui-même. Est-ce par un effet miroir que je l’appréciais ? Parce que j’étais intransigeant moi-même ?
Curieusement, je n’avais pas éprouvé le besoin de lire « La côte sauvage » à cette époque. Etait-ce le pur hasard, des ressorts secrets ou une intuition mystérieuse qui avaient élevé une sorte de barrière virtuelle ? Je ne saurais le dire.
Dans la lecture, aujourd’hui, de ce roman je reconnais dans le personnage d’Olivier Aldrouze un certain profil féroce de l’auteur du « Journal ».
Mais « La côte sauvage » a une dimension qui me répugne dans sa relation suggestive de l’inceste. Et même s’il n’y a pas à proprement parler d’inceste, on y trouve cependant cette dimension malsaine et lancinante.
La lecture au temps de mon adolescence m’aurait certainement blessé. Le livre est beau et fluide. Le livre est bien écrit. Mais il en émane un rayonnement qui rend mal à l’aise.
Des piles de livres, pour le moment, s’élèvent un peu partout dans la maison, surtout dans le couloir et le séjour. Réaménagement de la bibliothèque. Nouveaux meubles.
Nouvelle disposition en perspective. Livres accumulés au fil des ans. Livres d’études. Livres reçus. Livres achetés neufs ou d’occasion. Livres jamais rendus.
J’en ouvre un au hasard, consacré à Amiens, capitale de la Picardie et je lis : « Saint Martin chy divisa sen mantel En l’an trois cent, adjoutez trente-sept ».
Les cartons dans lesquels j’avais commencé à ranger les livres sont nettement insuffisants. Les livres à cette occasion se réapproprient leur origine.
Les piles de livres dans la maison forment une petite forêt domestique.
Rumes 5/12/2007
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Petite forêt domestique » Image générée par IA (intelligence artificielle)
Encore une fois, le syndrome des fêtes de fin d’années s’est ponctuellement manifesté avec ses souhaits pour l’année à venir : bonnes résolutions ou bonnes résignations ?
Rumes fin décembre 2007
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Résolutions ou résignations ? » Image générée par IA (intelligence artificielle)
Ma la letteratura (ovvero più precisamente la scrittura) non è stata per me soltanto puro svago. È stata anche una scuola di conoscenza di sé, una specie di sismografo dell’animo.
Ma in modo saltuario, discontinuo. E con valore spesso ambiguo. Perché le parole danno l’impressione di poter trasformare tramite esse la realtà, danno l’illusione della forza demiurgica. Simile ad una formula magica.
La letteratura però, fungendo da riflettore, modifica la visione e la percezione delle cose. Aggiunge o sottrae colori.
Rumes 16/02/2008
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Sismographe » Image générée par IA (intelligence artificielle)
Créer des images par IA (intelligence artificielle) va devenir aussi banal que prendre des photos avec un appareil photographique.
De même que la photographie a démocratisé l’art pictural, en le rendant automatique (et plus encore récemment avec la photo numérique), l’IA va permettre à quiconque de réaliser des compositions iconographiques.
Bien sûr, les algorithmes y seront pour quelque chose dans la qualité des rendus créatifs. Un peu comme jadis et aujourd’hui la qualité du matériel photographique (réflex, zoom, matériel et logiciels de traitement d’images, etc.).
L’IA générative est un outil. C’est le hardware de l’imagination. Mais le résultat au final sera provoqué par celui qui est aux commandes du projet créatif, comme le photographe qui choisi le matériel, le sujet, l’angle de prise de vue, le moment propice, etc.
Le reste est affaire de conjoncture et de liaisons singulières, comportant même, par la dimension aléatoire une part de « magie ». Car chaque image créée sera unique.
Rumes 13/07/2023
Illustration : Nicéphore Niépce, 1826 ou 1827 – « Vue de la fenêtre depuis la propriété du Gras à Saint-Loup-de-Varennes »
La photographie représente une vue de la cour de la propriété de campagne de Niépce, située en Saône-et-Loire (France) Cette image est considérée comme la première photographie réussie (stable) et préservée L’exposition a duré huit heures environ ; le déplacement du soleil d’est en ouest donne l’impression qu’il brille des deux côtés du bâtiment
J’ai mis en route le lave-vaisselle Et j’entends déjà Le ronronnement de l’appareil Le ruissellement de l’eau La cuisine est ordonnée La table nette L’Astuce est assise sur le tas De revues près de la fenêtre Par-delà les vitres le vert Diffus des arbres de la haie de l’herbe Ô cuisine lieu ultime De recueillement Bientôt j’éplucherai Carottes et pommes de terre Trancherai poireaux et oignons Est-ce moins noble que parcourir internet ?
Rumes 24/01/2018
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Scène de cuisine » Image générée par IA (intelligence artificielle)