Quand la nuit se profile Maléfique et magnifique Ballottée entre les jours Gris et rouges de la vie Je crains le sombre maladif Des âmes perdues de l’au-delà
L’antique néant apparaît Dans ma mémoire étrange Et les formes limpides De la Grèce illuminée Illuminent mon esprit De lueurs séculaires
Pendant mille ans J’ai vécu solitaire Par-delà le bien et Par-delà le mal Dans mon île magique Aux reflets singuliers Où les dieux crachent le feu Quand leur colère fulmine
Je vis maintenant Dans le rêve de la vie Bruits du jour Et nuits fascinantes Pleins de pensées furibondes Idées métalliques Et obscures couleurs.
Tourcoing 13/10/1969
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2023 – Le dieu Héphaïstos (Vulcain) dans sa forge sous l’Etna Image générée par IA (intelligence artificielle)
In alcuni momenti ci si sente senza forze, sminuiti, alla mercé di un qualunque pensiero cupo, quasi schiacciati dalla sola rappresentazione dell’enorme quantità di energia necessaria per produrre le proprie consuete e talvolta insignificanti azioni quotidiane.
Terrificati dalla sola immagine o dal solo profilo di persone, cose, suoni, parole estranee ed ignote, quasi come se la loro intima natura di alterità risaltasse in maniera autonoma e ci aggredisse.
Il fut un temps où existait le temps Où chaque jour avait sa place Sans faux-fuyants sans overbooking Un temps où résonnaient les mots Les images les couleurs aussi La surprise des instants hélas Il s’en est allé trop pressé affairé Une marche sans halte bienvenue Une course même vers l’abîme Où tout se dilue là où n’ont plus cours Echos regards sourires complices Moments partagés à fleur de peau Quelqu’un pourra dire tout se termine Un autre répondra oh ! c’est bien triste.
Rumes 15/11/2020
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2023 – Course vers l’abîme Image générée par IA (intelligence artificielle)
Le Marché commun européen issu du Traité de Rome comportait alors six pays membres seulement. Avec mon père, je regardais parfois les cartes qui représentaient cet espace.
Mon père pointait alors du doigt la Suisse qui n’en faisait pas partie. Visiblement, cela l’agaçait de constater cette balafre dans le bel ensemble cartographié.
Bruxelles 3/02/2016
Illustration : La Communauté économique européenne (CEE), plus connue sous la dénomination de « Marché commun », dans ses frontières initiales (« Europe des Six », 1957)
Deux méthodologies pour affronter un quelconque problème : agir à la façon portugaise ou bien à la façon de Christophe Colomb.
Dans la première manière, on agit méthodiquement et avec constance, en réduisant l’un après l’autre les obstacles, comme l’avaient fait les marins portugais d’Henri II le Navigateur en découvrant progressivement, par expéditions successives, les côtes occidentales de l’Afrique… Les Portugais atteindront par la suite le Cap de Bonne Espérance et finalement l’Inde.
Dans la seconde manière, on s’y prend comme le grand Génois, en visant une solution immédiate et radicalement alternative, comme son projet de rejoindre les Indes en navigant vers l’Ouest, basé sur la conviction que la Terre était ronde…
Le modus portugais privilégie la progression linéaire et la continuité, celui de Colomb la rupture et le saut conceptuel.
En somme, réduction séquentielle du hasard vs coup de dés disrupteur.
Dinant 20/06/2018
Illustration : Fresque en carreaux de faïence bleue (« azulejos ») représentant des caravelles
1 Pour aller en Italie, on traversait la Lorraine industrielle. Pendant des kilomètres et des kilomètres les rails étaient escortés par un énorme oléoduc. Et au long du parcours on voyait les éclats rougeoyants des hauts-fourneaux qui illuminaient le jour déclinant. Nous quittions l’enfer industriel pour le paradis italien.
2 Après avoir franchi les Alpes, le ton devenait tout différent. La césure survenait en Suisse, pendant la nuit, ce qui fait qu’elle passait inaperçue. Mais au matin, pendant la traversée de l’est et du nord de la France, tout avait changé : la langue, les paysages, la physionomie des personnes et surtout l’air, l’air immatériel. A la douceur italienne succédait une rigueur qui aurait voulu s’insinuer jusqu’à l’intérieur même des wagons. L’air vif qui piquait la peau lorsqu’on ouvrait la fenêtre du couloir ou du compartiment.
Bruxelles 16/03/2015
Illustration : Affiche publicitaire en langue française des chemins de fer italiens de l’Etat (Ferrovie dello Stato)
Jadis (au Moyen Age), dans les contrées belges, pour punir certaines infractions on appliquait un châtiment original.
Il s’agissait, pour les juristes et magistrats de l’époque, d’associer punition et volonté de réformation morale, pèlerinage cathartique et espoir (sans doute secret) de dilution du condamné sur les routes (par enlèvement, accident, assassinat, implantation définitive dudit condamné dans quelque province lointaine).
Les malfaiteurs étaient envoyés, en fonction de la gravité de leurs fautes, à Saint-Jacques de Compostelle, Milan, Rome ou Jérusalem.
La destination la plus courante restait néanmoins Milan. Attrait éternel de la péninsule italienne ? (Patrie d’Al Capone et de la pyramide de Ponzi, de Beccaria et de la romana lex).
Quel rapport tout cela avec les chauffards coupables d’excès de vitesse ?
Un voyage en Norvège m’a convaincu du caractère exemplaire de ce pays dans la lutte contre les excès de vitesse. La vitesse sur route y est en effet sévèrement réglementée et appliquée.
Les automobilistes ont intégré intérieurement la succession des panneaux indicateurs du top horaire kilométrique (la police est quasiment invisible).
On peut ainsi observer dans ce pays des processions interminables de véhicules dont les conducteurs suivent à la lettre les indications réglementaires. Tout à la gloire de l’heureux et responsable « chef de file » qui peut rester parfois plusieurs heures de suite (les chemins, il est vrai, ne sont pas rectilignes) avec son volant de maréchal de la route.
La proposition est donc la suivante : les contrevenants aux dispositions de lois relatives aux excès de vitesse seraient punis en étant expédiés en Norvège.
Le châtiment serait modulé en fonction de la gravité de l’infraction.
Comme dans la colline du Purgatoire dantesque qui fonctionne par degrés, on instaurerait, dans le pays des Vikings, des niveaux de sanction en tenant compte de la latitude et des saisons.
A faute légère, séjour réformateur par belle saison dans en endroit peu accidenté. Une faute plus sérieuse serait purgée dans un lieu moins propice et des conditions climatiques plus problématiques. Les excès de vitesse gravissimes exigeraient des réformations exemplaires : hiver rigoureux dans le grand Nord, environnement difficile.
Nul doute que dans ce Purgatoire moderne les slow drivers rêveraient d’être au volant d’une Ferrari velocissima.