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  • Un pain sur une table

    Un pain sur une table
    Un couteau sur le pain

    Une main qui s’approche
    Une autre qui surgit
    Dans la nuit c’est la lutte
    Des Dieux et des Géants

    Les armes crépitent
    Et crachent du feu
    Les cris sont atroces
    Les plaintes pénibles
    Le sang coule à flots
    Sur le sol humide

    Les Dieux sont puissants
    Les Géants sont forts
    Le combat est terrible
    Il faut vaincre ou mourir

    A l’aube
    Ils sont tous morts
    La terre meurtrie
    Est jonchée de cadavres
    Ici un Dieu
    Là un Géant

    Mais plus loin
    La table est toujours là
    Le pain est sur la table
    Et le couteau sur le pain.

    Tourcoing 5/08/1968

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Un couteau sur le pain»
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Destinées

    Etoiles du ciel
    Alpha de Centaure

    Etoiles de mer
    Animaux marins

    Lumières des villes
    Maisons rues
    Dancings fêtes

    Etoiles terrestres
    Phares qui veillent l’océan.

    Tourcoing 09/1976

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Phare »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Au cœur de notre condition

    J’ignore ce qui vient après la mort, paradis ou enfer ou néant. Par contre je sais que dans la vie présente ce qui est permanent, et même forme le socle de notre conscience, ce sont l’angoisse et la souffrance.

    Celles-ci sont inhérentes à l’état « matériel » de la vie, à son extrême fragilité, à la férocité de l’environnement naturel.

    La faim, la soif, l’instinct nous régissent. La terreur de vivre nous a poussés à fabriquer des règles ou des utopies pour supporter ou justifier les structures du vide. Pour en être dupes.

    Nous élaborons des projets pour remplir le temps, pour tenter de le réduire à nos dimensions.

    Mais la douleur est toujours à l’affût derrière le hasard des jours et nous reconduit invariablement au cœur de notre condition.

    Bruxelles 27/03/1997

    Illustration : Le paradis de Shambhala, bannière tibétaine (soie peinte), Musée national des arts asiatiques-Guimet, Paris, France

  • Sincretismo

    Se c’è qualcosa che caratterizza in modo inconfondibile la cultura italiana è proprio il sincretismo. Esso è presente nella storia d’Italia sin dall’antichità più remota e si protrae fino ai nostri giorni.

    L’evento fondatore è indubbiamente il « fatto » etrusco. La nascita di questa prima Italia crea i lineamenti e il modello della futura cultura italiana.

    Si sa che un fondo etrusco sia giunto in Italia dalla Lidia. La sua entità non è interamente discernabile. Questo trapianto, tuttavia, non avrebbe avuto successo a lungo termine se non fosse avvenuta una integrazione con gli elementi autoctoni.

    L’« elaborazione etrusca » suppone quindi una capacità comunicativa, costruttiva e di assorbimento reciproco funzionante da entrambi le parti.

    Questo atteggiamento diventerà, in seguito, il paradigma dell’azione di Roma (plasmata inizialmente proprio dagli etruschi) e la chiave del suo duraturo successo.

    La cultura italiana erediterà dai romani questo « modus operandi » e questa « forma mentis ».

    Rumes 1/07/2008

    Illustration : Représentation du dieu étrusque Turms, vers 510/500 avant notre ère – Temple de Portonaccio de Véies (Museo Villa Giulia, Rome, Italie)

    Turms est assimilé au dieu grec Hermès et au dieu romain Mercure

  • Doutes ou pas doutes ?

    (Interlude fantaisiste)

    Je n’aimais pas les doutes et pourtant j’émets des doutes !

    Rumes 18/03/2022

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « J’émets des doutes »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Peindre la nature (2/2)

    Les sujets « modernes » deviennent incontournables en raison des changements radicaux qui se produisent dans l’environnement et le style de vie : industrialisation, émergence des machines, déclin du monde rural, urbanisation, révolution des transports (chemins de fer), avènement des stations balnéaires et débuts du tourisme…

    En sortant des représentations mythologiques et des études d’ateliers, l’art se « modernise », se rapproche de la nature, est confronté aux effets de lumière en plein air, à la capture de l’instant présent, à l’expression de la spontanéité.

    Des portes s’ouvrent, à cet égard, qui laissent entrevoir déjà un au-delà du réalisme…

    Cette manière nouvelle de représenter le monde poursuivra ultérieurement le parcours suivant deux directions distinctes.

    Une voie figurative qui restera proche de la « réalité apparente » tout en l’exprimant d’une façon moderniste voire proche d’une vision scientifique : certaines vues de facture pré-cinématographique, le pointillisme (divisionnisme, en Italie) qui préfigure ou anticipe la vision pixellisée des images créées par ordinateur, le futurisme avec son exaltation du dynamisme, plus tard l’hyperréalisme…

    L’autre voie est celle de la « réalité intérieure », invisible, imaginative, fantasmée, fantaisiste, onirique : le symbolisme, le surréalisme, l’art abstrait…

    Cette double approche se poursuit de nos jours, avec la production d’images générées par l’intelligence artificielle, pouvant combiner réalisme et subjectivité.

    Rumes 14/05/2024
    Tourcoing 5/05/2024

    Illustration : Paul Signac, 1909 – Avignon. Soir (le château des Papes) (détail)

    Paul Signac figure comme un éminent représentant du post-impressionnisme
    Il est reconnu (avec Georges Seurat) en tant que pionnier dans le développement du pointillisme, une technique de peinture qui fait partie du mouvement néo-impressionniste

    La technique du pointillisme consiste, pour créer une image, à appliquer de petites touches de couleur pure côte à côte sur la toile, plutôt que de mélanger les couleurs sur la palette

  • Peindre la nature (1/2)

    « Peindre la nature. Paysages impressionnistes du musée d’Orsay », tel était le titre de l’exposition présentée au MUba de Tourcoing. Quelle appréciation exprimer après ma visite (avec JM) ? Quelles réflexions ont surgi dans mon esprit ?

    L’exposition était bien organisée, par sections, depuis les origines du mouvement impressionniste jusqu’à sa postérité.

    Le premier sentiment qui s’est manifesté en moi c’est celui d’un certain ennui devant les représentations de jardins et similaires. Jardins polis, d’agrément et de décoration. Affaire personnelle : il est vrai que je ne suis pas excessivement sensible aux « charmes » de la nature. D’autant plus ici qu’elle est conventionnelle.

    Ce qui me conduit à un autre aspect. La similarité avec la photographie et la banalité de certains sujets représentés qui me font songer, à certains égards, à une ébauche de réalisme socialiste.

    Car, de fait, dès lors que la société de l’époque est ébranlée et transformée par la révolution industrielle et l’avènement de la photographie, l’art (et tout particulièrement pictural) était inévitablement destiné à se redéfinir.

    Tourcoing 5/05/2024
    Rumes 14/05/2024

    Illustration : Paul Huet, 1856 – Ciel d’orage

    Paul Huet est considéré comme un précurseur de l’impressionnisme par son style naturaliste, ses techniques de peinture en plein air et son utilisation de tons purs et de formes simplifiées pour capturer les variations de lumière et d’atmosphère

  • Adesso siamo belli

    Adesso siamo belli
    Integri incontaminati
    Mentre la promiscuità
    Dei giorni ci renderebbe
    Stupidi banali non più favolosi
    Forse un giorno anche vigliacchi
    Teniamoci il presente la cima degli istanti.

    Rumes 24/08/2015

    Illustration : Ron Hicks, 1988 – Café Kiss (Un baiser dans un café)

  • L’image dans la poésie

    Est-ce que dans la poésie l’image est tout ?
    J’en doute.

    De quoi alors est composé un texte ? D’images certes mais aussi d’énonciations, d’idéologie, de logique, de valeur ajoutée aux mots (ou prestige), de sonorités (ponctuées de silences). De mythologie personnelle.

    Les « courts-circuits » provoqués par les images somptueuses sont tels uniquement en raison de la nouveauté des associations d’idées. Une fois cette « nouveauté » (ou le système) épuisée, cette association perd sa raison d’être poétique.

    Taintignies 3/03/1989

    Illustration : Giorgio De Chirico, 1913 – La récompense du devin (La ricompensa dell’indovino)

  • La floche

    Alors, parfois la vie ressemble aux manèges de l’enfance, lorsque les gamins s’élancent — enthousiastes ou au contraires intimidés — pour conduire qui une moto, qui une voiture, un avion, un autobus. Ou galoper à califourchon sur un cheval.

    Et, invariablement, il y a toujours un plus grand qui prend toujours la floche.

    Rumes 5/12/2007

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Manège pour enfants »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)