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Occhi bendati

Vagando per sommi gradi
Colui che scende equivale
A colui che sale
Solo che le speranze sono astratte
E gli occhi bendati.Bruxelles 31/05/1991
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Speranze astratte occhi bendati » (Espérances abstraites à l’aveuglette)
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Informations obsolètes

Je feuillète de vieux journaux avant de m’en débarrasser. Informations obsolètes si l’on excepte quelques rares articles ou chroniques.
Tourbillon de scènes, d’actions, de mots.
Penser que tout cet amoncellement vient confluer dans les cataractes de la matière et du temps : êtres vivants, soleils, planètes, amas de galaxies…Rumes 22/08/2017
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Tourbillon universel »
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Métropoles rugissantes

Métropoles rugissantes
Modernes Rome
New York Chicago San Francisco
Verra-t-on demain
Après la guerre atomique
Des moutons
Paître sur la cinquième avenue ?Tourcoing 2/01/1976
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Après la bombe »
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L’appât de vivre

Ayant dépassé mais non pas
Extirpé les apparences
Evanescentes du mythe
Il ne reste plus que la réalité
Tenace imprévue contrastée
Et l’appât de vivre
Auréolé d’abîme.Tournai 16/06/1983
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Auréolé d’abîme »
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La tavola è una strada

« La tavola è una strada » affermava un certo mio zio. Così dicendo voleva indicare che ognuno deve farsi strada quando è a tavola e quindi servirsi a piacere di cibi e bevande.
La formula mi era piaciuta e io ho voluto trasmetterla alle mie figlie. Però è successo un inciampo.
Un giorno che, a tavola, avevo chiesto alla più grande, a più riprese, di avvicinarmi l’una e l’altra cosa (sale, bottiglia, pane ?), lei mi rispose con tono mezzo irritato mezzo ironico : « La tavola è una strada però tu mi sa che prendi spesso il tassì ! ».Rumes 3/01/2007
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « La tavola è una strada » (La table est une route)
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Le chou

Qui aime le chou
Guérit de tout
Voilà ce que proclamait
Caton Barbatus
Alias le vieux Caton
J’ai pris la résolution
De servir du chou
A tous mes menus
Et pour la salvation
De l’humanité
Je voudrais instituer
Un lobby du choux
Je pourrais gagner
Beaucoup d’argent.Rumes 15/07/2019
Illustration : Firmin Baes, 1903 – La petite fille au chou
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Jean-René Huguenin

Je viens de terminer la lecture de « La côte sauvage » de Jean-René Huguenin (publié en 1960). Cet auteur avait accompagné mon adolescence avec son « Journal ».
C’est toute une dimension de ma vie qui a resurgi à cette occasion. Une adolescence d’apparence rayonnante, sûre d’elle-même, volontiers polémiste et provocante mais en fait radicalement meurtrie, submergée et « aphone ».
Le « Journal », remarquable, m’avait aidé à structurer une conception « littéraire » de l’existence. Ce livre fut pour moi, d’une certaine manière, un modèle et d’autant plus prégnant que l’auteur était mort accidentellement à l’âge de 26 ans : Jean-René Huguenin m’était proche non par la génération (il était né en 1936) mais par son âge à jamais arrêté. Il figurait comme un grand frère.
Dans le souvenir que j’en ai gardé, dans son « Journal » il était dur. Avec les autres et avec lui-même. Est-ce par un effet miroir que je l’appréciais ? Parce que j’étais intransigeant moi-même ?
Curieusement, je n’avais pas éprouvé le besoin de lire « La côte sauvage » à cette époque. Etait-ce le pur hasard, des ressorts secrets ou une intuition mystérieuse qui avaient élevé une sorte de barrière virtuelle ? Je ne saurais le dire.
Dans la lecture, aujourd’hui, de ce roman je reconnais dans le personnage d’Olivier Aldrouze un certain profil féroce de l’auteur du « Journal ».
Mais « La côte sauvage » a une dimension qui me répugne dans sa relation suggestive de l’inceste. Et même s’il n’y a pas à proprement parler d’inceste, on y trouve cependant cette dimension malsaine et lancinante.
La lecture au temps de mon adolescence m’aurait certainement blessé. Le livre est beau et fluide. Le livre est bien écrit. Mais il en émane un rayonnement qui rend mal à l’aise.Bruxelles 31/05/2006
Illustration : Jean-René Huguenin (1936-1962)
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Régénération

Des piles de livres, pour le moment, s’élèvent un peu partout dans la maison, surtout dans le couloir et le séjour. Réaménagement de la bibliothèque. Nouveaux meubles.
Nouvelle disposition en perspective. Livres accumulés au fil des ans. Livres d’études. Livres reçus. Livres achetés neufs ou d’occasion. Livres jamais rendus.
J’en ouvre un au hasard, consacré à Amiens, capitale de la Picardie et je lis :
« Saint Martin chy divisa sen mantel
En l’an trois cent, adjoutez trente-sept ».
Les cartons dans lesquels j’avais commencé à ranger les livres sont nettement insuffisants. Les livres à cette occasion se réapproprient leur origine.
Les piles de livres dans la maison forment une petite forêt domestique.Rumes 5/12/2007
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Petite forêt domestique »
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Clessidra

Io che sono sempre stato preciso, attento, comprensivo, talvolta mi sorprendo a voler ribaltare questi atteggiamenti.
Non per mero sperimentalismo. Nemmeno per finta curiosità. E decisamente no per « cambio della maschera ».
Constato con certa sorpesa che la sabbia di questa clessidra sia giunta a termine e che occorra capovolgere la clessidra.Bruxelles 15/05/2008
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Sablier »
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Le syndrome des fêtes de fin d’années

Encore une fois, le syndrome des fêtes de fin d’années s’est ponctuellement manifesté avec ses souhaits pour l’année à venir : bonnes résolutions ou bonnes résignations ?
Rumes fin décembre 2007
Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Résolutions ou résignations ? »
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