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  • L’appât de vivre

    Ayant dépassé mais non pas
    Extirpé les apparences
    Evanescentes du mythe

    Il ne reste plus que la réalité
    Tenace imprévue contrastée

    Et l’appât de vivre
    Auréolé d’abîme.

    Tournai 16/06/1983

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Auréolé d’abîme »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • La tavola è una strada

    « La tavola è una strada » affermava un certo mio zio. Così dicendo voleva indicare che ognuno deve farsi strada quando è a tavola e quindi servirsi a piacere di cibi e bevande.

    La formula mi era piaciuta e io ho voluto trasmetterla alle mie figlie. Però è successo un inciampo.

    Un giorno che, a tavola, avevo chiesto alla più grande, a più riprese, di avvicinarmi l’una e l’altra cosa (sale, bottiglia, pane ?), lei mi rispose con tono mezzo irritato mezzo ironico : « La tavola è una strada però tu mi sa che prendi spesso il tassì ! ».

    Rumes 3/01/2007

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « La tavola è una strada » (La table est une route)
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Le chou

    Qui aime le chou
    Guérit de tout
    Voilà ce que proclamait
    Caton Barbatus
    Alias le vieux Caton
    J’ai pris la résolution
    De servir du chou
    A tous mes menus
    Et pour la salvation
    De l’humanité
    Je voudrais instituer
    Un lobby du choux
    Je pourrais gagner
    Beaucoup d’argent.

    Rumes 15/07/2019

    Illustration : Firmin Baes, 1903 – La petite fille au chou

  • Jean-René Huguenin

    Je viens de terminer la lecture de « La côte sauvage » de Jean-René Huguenin (publié en 1960). Cet auteur avait accompagné mon adolescence avec son « Journal ».

    C’est toute une dimension de ma vie qui a resurgi à cette occasion. Une adolescence d’apparence rayonnante, sûre d’elle-même, volontiers polémiste et provocante mais en fait radicalement meurtrie, submergée et « aphone ».

    Le « Journal », remarquable, m’avait aidé à structurer une conception « littéraire » de l’existence. Ce livre fut pour moi, d’une certaine manière, un modèle et d’autant plus prégnant que l’auteur était mort accidentellement à l’âge de 26 ans : Jean-René Huguenin m’était proche non par la génération (il était né en 1936) mais par son âge à jamais arrêté. Il figurait comme un grand frère.

    Dans le souvenir que j’en ai gardé, dans son « Journal » il était dur. Avec les autres et avec lui-même. Est-ce par un effet miroir que je l’appréciais ? Parce que j’étais intransigeant moi-même ?

    Curieusement, je n’avais pas éprouvé le besoin de lire « La côte sauvage » à cette époque. Etait-ce le pur hasard, des ressorts secrets ou une intuition mystérieuse qui avaient élevé une sorte de barrière virtuelle ? Je ne saurais le dire.

    Dans la lecture, aujourd’hui, de ce roman je reconnais dans le personnage d’Olivier Aldrouze un certain profil féroce de l’auteur du « Journal ».

    Mais « La côte sauvage » a une dimension qui me répugne dans sa relation suggestive de l’inceste. Et même s’il n’y a pas à proprement parler d’inceste, on y trouve cependant cette dimension malsaine et lancinante.

    La lecture au temps de mon adolescence m’aurait certainement blessé. Le livre est beau et fluide. Le livre est bien écrit. Mais il en émane un rayonnement qui rend mal à l’aise.

    Bruxelles 31/05/2006

    Illustration : Jean-René Huguenin (1936-1962)

  • Régénération

    Des piles de livres, pour le moment, s’élèvent un peu partout dans la maison, surtout dans le couloir et le séjour. Réaménagement de la bibliothèque. Nouveaux meubles.

    Nouvelle disposition en perspective. Livres accumulés au fil des ans. Livres d’études. Livres reçus. Livres achetés neufs ou d’occasion. Livres jamais rendus.

    J’en ouvre un au hasard, consacré à Amiens, capitale de la Picardie et je lis :
    « Saint Martin chy divisa sen mantel
    En l’an trois cent, adjoutez trente-sept »
    .

    Les cartons dans lesquels j’avais commencé à ranger les livres sont nettement insuffisants. Les livres à cette occasion se réapproprient leur origine.

    Les piles de livres dans la maison forment une petite forêt domestique.

    Rumes 5/12/2007

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Petite forêt domestique »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Clessidra

    Io che sono sempre stato preciso, attento, comprensivo, talvolta mi sorprendo a voler ribaltare questi atteggiamenti.

    Non per mero sperimentalismo. Nemmeno per finta curiosità. E decisamente no per « cambio della maschera ».

    Constato con certa sorpesa che la sabbia di questa clessidra sia giunta a termine e che occorra capovolgere la clessidra.

    Bruxelles 15/05/2008

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Sablier »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Le syndrome des fêtes de fin d’années

    Encore une fois, le syndrome des fêtes de fin d’années s’est ponctuellement manifesté avec ses souhaits pour l’année à venir : bonnes résolutions ou bonnes résignations ?

    Rumes fin décembre 2007

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Résolutions ou résignations ? »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • A-t-il des couverts ?

    (Interlude fantaisiste)

    Il a découvert des verres et des couverts verts !

    Rumes 18/01/2022

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Couverts verts »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Plus loin le monde

    (Plus loin le monde a-t-il
    Un autre sens courir
    Pour attraper ce qui danse
    Pour retenir les seuls
    Regards qui comptent)

    Le foulard lassé d’images
    En a plein le dos
    Des couleurs constantes
    Et bien qu’ondulant
    Sur des épaules larges
    S’éloigne s’éloigne s’éloigne.

    Bruxelles 14/12/1990

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Le foulard s’éloigne »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Sismografo ambiguo

    Ma la letteratura (ovvero più precisamente la scrittura) non è stata per me soltanto puro svago. È stata anche una scuola di conoscenza di sé, una specie di sismografo dell’animo.

    Ma in modo saltuario, discontinuo. E con valore spesso ambiguo. Perché le parole danno l’impressione di poter trasformare tramite esse la realtà, danno l’illusione della forza demiurgica. Simile ad una formula magica.

    La letteratura però, fungendo da riflettore, modifica la visione e la percezione delle cose. Aggiunge o sottrae colori.

    Rumes 16/02/2008

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2024 – « Sismographe »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)