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Quiétude

Autour de moi, les gens semblent parfaitement tranquilles, calmes, parlent doucement.
A l’extérieur, les paysages m’apparaissent comme lisses, sans accrocs : collines boisées circonscrites, sillons qui ondulent, prairies.
Je laisse les couleurs tamisées m’envahir.
Les maisons disséminées forment, discrètes, les balises de ma géographie.Bruxelles 3/07/2008
Illustration : Paysage
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Allora il destino si ferma

Allora il destino si ferma
Un istante un solo istante
Persino gli angeli sospendono il fiato
Lo sguardo acuto di chi sa
Che deve colpire il bersaglio
Forzare il corso del destino sdoppiato.Tournai 2/06/2009
Illustration : Lucia Lamberti, 2005 – Tiro a segno (Tir à la cible)
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Ce long détournement de la vie

1
Ce long détournement de la vie
Que n’a cessé d’impulser le passé
2
Comme si d’irréversibles décisions primordiales
Poursuivaient avec ténacité
Un défi parfaitement ordonné
3
Renoncer à l’innocence
Et fuir — toujours l’exil
Hors des enceintes dévolues
Rarissimes
4
Et puis finir par dissoudre le sophisme cruel ?Taintignies 28/08/1987
Illustration : Edvard Munch, 1895 – Clair de Lune
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Les textes poétiques qui parsèment ma vie

Les textes poétiques qui parsèment ma vie (mes bouts de papier) ressemblent aux petits cailloux semés par le Petit Poucet… Comme si j’avais été animé, depuis l’adolescence, par le besoin de marquer ponctuellement ma flèche du temps. Pour esquiver aussi l’angoisse de me perdre, par une géolocalisation à intervalles réguliers…
Bruxelles 22/06/2016
Illustration : Julie Faulques, 2016 – Le Petit Poucet (conte de Charles Perrault, 1697)
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Ce nuage tout en longueur

Ce nuage tout en longueur
Effilé gris-blanc reflétant
Par-dessous le soleil levant
Il avance
Mais d’une manière soutenue
Tel un sous-marin
Glissant dans son élément
Devant mes yeux il passe
Indifférent silencieux
Bientôt il est déjà loin
Tout dédié à rejoindre l’horizon.Tournai 18/11/2009
Illustration : Nuage long
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Andare a Namur

Andare a Namur
Vuol dire scoprire facce nuove
E magari scassare qualche BMW
Quando uno ha sete
Cominciano poi le cose serie
Si vede una casa appartata
C’è proprio scritto « Café-Restaurant »
Allora si parcheggia la macchina
E forza si entra con vigore
Ahimé che sorpresa
A sinistra due poltrone
E un divano messi lì chissà perché
E in fondo a destra un bancone
Senza bottiglie né bicchieri
Ma dov’è il cameriere ?
In un attimo scompare il dubbio
Sopraggiunge una signora
Forse del ritrovo la padrona
…Finisce proprio di abbottonarsi
La camicetta a colori
Allora senza perdere il controllo
Si chiede a lei sommessamente
Tra il serio e lo scherzo
— Ma questo sarebbe un caffè ?
Risponde lei con un sorrisetto
Appena velato di stupore
— Direi proprio di no… veramente.Bruxelles 11/12/1985
Illustration : Pensionnaire de la maison close « Aux Belles Poules », années 1920 (Paris, France)
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La tendresse n’est pas de mise dans les nécropoles

La tendresse n’est pas de mise dans les nécropoles. A l’intérieur des tombeaux, l’émotion. Plongeur ! Délice des flots. Parfum des fleurs. Magie des couleurs. Cette humanité en suspens. Enivrée de sa quotidianité, entourée de ses armes, de ses tuniques, de ses onguents. Et de l’indicible sentiment de l’éternel présent. La joie de vivre émanant des parois de l’intérieur des tombeaux provient de ce que l’émotion a surmonté l’épouvante de la vermine, de la décomposition. Le sourire narquois des Etrusques renvoie à la vérité de la connaissance, à l’accomplissement de la destinée, au bien-être physique ressenti comme part essentielle du bonheur. La prophétie de Tagès avait fixé à mille ans leur destinée.
Bruxelles 17/04/1996
Illustration : Art étrusque, dernier quart du 6e siècle av. notre ère – Tombe de la Chasse et de la Pêche, scène du plongeur (nécropole de Monterozzi, Tarquinia, Italie)
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Les deux histoires

Dans notre vie il y a au moins deux histoires qui s’entrelacent.
Notre histoire qu’on pourrait appeler positive ou « réalisée » ou « figée » ou « actuelle » : c’est celle dans laquelle nous sommes engoncés. Et puis une deuxième histoire plus ou moins déconnectée de la première qui nous hante à des degrés divers.
La première témoigne de notre vie officielle, atteste les diplômes obtenus, les réussites certifiées, les échecs patentés. Cette histoire se distingue par des paramètres, des principes, des gardes-fous, des périmètres étalonnés, précis, claironnés.
La deuxième histoire, par contre, ne dispose d’aucune certitude, fonctionne suivant des principes aléatoires, ressemble à des miroirs déformants (repères fuyants). Dans cette seconde histoire, nos rêves, nos frustrations, mais également nos projections, notre capacité à « créer » le monde règnent sans partage.
Cette « dualité » nous anime et nous permet de « rebondir » en prenant appui tantôt sur l’une tantôt sur l’autre histoire.
Dans certaine circonstances, un grand écart entre les deux histoires peut nous être fatal (échecs, grave dépression, maladie, suicide).Bruxelles 10/03/2008
Illustration : Entrelacs
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Notre armée redoutable et fragile

Notre armée redoutable et fragile
Etait en marche
Pour la gloire de l’empereur de Chine
Tous en rang
Ensevelis dans la terre
Nous avons continué notre route
Pendant les millénaires
Toujours prêts au combat
Nos sourires et
Nos corps d’argile obstinés
Dans la nuit solide immobile.Bruxelles 11/05/1998
Illustration : L’armée de terre cuite de Qin Shi Huangdi (premier empereur de Chine), v. 210-209 av. notre ère
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Lo specchio che ci osserva da sempre

Lo specchio che ci osserva da sempre
Nella stanza sua prigioniera
Ha captato anche la tua nudità
Incorniciata liscia serena
Dietro la parete chiara
Il sangue pulsante scorre
Umile così tiepido
Dedito a raggiungere
La cupola della mia intransigenza.Bruxelles 7/10/1987
Illustration : Mario Tozzi, 1927-1928 – L’atelier