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  • La séduction possède ce pouvoir

    1

    La séduction possède ce pouvoir
    Inquiétant exorbitant
    De réduire l’autre à merci

    2

    Gravir les degrés du corps
    Manipuler le vertige des intentions
    Peut conduire à l’apaisement le plus fort

    3

    Mais en voulant rejoindre l’absolu
    On découvre parfois les rouages
    De l’indifférence de l’ironie du sort
    A mi-chemin entre l’austère morale
    Et l’allégresse du voyeur.

    Bruxelles 23/12/1987

    Illustration : Nick Caro, 2011 – Rouages

  • Les poussins

    Dans le monde déjà trop vieux
    Que nous avons quitté
    Sont restées
    L’évanescente quiétude
    Et la mélancolie

    Voyez l’impatience qui nous anime
    Et qui a brisé notre coquille…

    Taintignies 15/03/1984

    Illustration : Poussins

  • ZH et CC

    Comparée à la flotte impériale chinoise du grand navigateur Zheng He (1371-1433) — 200 navires, un navire amiral une fois et demi plus long qu’un terrain de football et près de 30 000 personnes (marins, soldats, artisans, concubines, astronomes, cartographes) composant les expéditions navales —, la flottille de Christophe Colomb semble bien dérisoire.

    Pourtant, les voyages de l’amiral Zheng He ne constitueront, en fin de compte, que des expéditions de prestige visant tout au plus à recueillir des tributs en faveur de l’empereur de Chine.

    Les trois coquilles de noix de Christophe Colomb, amiral de la mer océane, bouleverseront l’état du monde avec des effets durables — dans le bien et dans le mal — jusqu’à nos jours.

    Mais cette éclosion maritime chinoise précoce et la colonisation chinoise avortée laissent entrevoir ce que pourrait être, à lavenir — mais il est déjà amorcé —, le réveil complet de la Chine : un ordre de marche démesuré, global, coordonné.

    Rumes 15/09/2009

    Illustration : L’armada de Zheng He

  • Nella città perduta

    Nella città perduta
    Correvano nude
    Ignare del loro presente

    Tutte somiglianti
    Alle statue più belle
    Ma vive esse pulsanti
    Ai miei sensi

    Le colonne dei templi
    E le vie rette
    Stavano lì
    A testimonianza perenne.

    Taintignies 16/09/1990

    Illustration : Paul Delvaux, 1943 – L’ écho ou le mystère de la route

  • Pour vivre ici

    S’il est un texte qui m’a révélé une voie poétique, c’est bien le poème « Pour vivre ici » de Paul Eluard :

    J’ai fait un feu l’azur m’ayant abandonné…

    Ce texte m’avait bouleversé, adolescent, par sa simplicité formelle, sa symbolique puissante, son cheminement vers l’essentiel.

    Pendant très longtemps, ce poème m’a hanté et maintenant encore il continue à me dire quelque chose. Quelque chose qu’il est cependant difficile d’exprimer d’une manière « décodée ».

    Car la poésie est un langage dans le langage et elle se joue des significations communes. La poésie ouvre sur un monde virtuel où l’intuition et les signes jouent un rôle démesuré, décisif, hors de proportion avec le « monde réel ».

    Dans les poèmes, l’espace-temps est malmené et les liaisons s’effectuent par le biais de raccourcis.

    Rumes 9/03/2008

    Illustration : Feu de bois

  • Pommes

    Dans l’adolescence
    Vous étiez mon fruit préféré
    (Ma vie alors était toute inversée
    Telle qu’un devin me l’avait notifiée)
    J’étais en consonance avec votre saison naturelle
    Je vous ai délaissées lorsqu’est arrivé l’été.

    Sost 16/08/2018

    Illustration : Miguel Angel Nuñez, 2018 – Pommes vertes sur fond bleu

  • Si la femme est harmonie

    Si la femme est harmonie
    Elancement du corps
    Géométrie chaude

    Si la femme est alchimie
    Emulsion de ses fards
    Magie du regard

    Si la femme est indéfinie
    Charme dilué
    Sensualité ivre

    Plus que tout autre
    Je le sais
    Amant secret
    Moi
    Le Miroir.

    Tourcoing 31/01/1978

    Illustration : Christoffer Wilhelm Eckersberg, 1841 – Femme devant un miroir

  • Le arterie

    Si stava festeggiando quella sera un parente che si era diplomato da geometra.

    Ad un tratto, il nonno già ottantenne si alzò e dirigendosi tra la gente che stava ballando esclamò : « mamma ma che ci fai tu qua ? »

    Io ero ragazzo. La scena si svolgeva d’estate in Sicilia, un’orchestrina stava suonando « la fisarmonica » di Gianni Morandi.

    Il nonno fu riportato a sedere. Le arterie. Proprio così la famiglia diceva.

    Bruxelles 22/02/2008

    Illustration : La fisarmonica

  • Quelques repères dans le flux des instants

    Je ne prétends pas être un « véritable » écrivain ni prolifique ni génial. Comme je l’ai déjà dit, mon écriture ce sont des notes que je prends tout au long de mon parcours. Mes impressions, comptes-rendus et réflexions témoignent de mon vécu. Pas d’orgueil. Moins encore de grandes ambitions. Quelques repères dans le flux des instants, des jours, des ans. A usage personnel avant tout. Car l’écriture est en premier lieu une confrontation avec soi-même, une mise au point, un état des lieux et des routes. Je ne suis pas un forcené de l’écriture. Et je n’aspire pas à des reconnaissances éclatantes. Le cas échéant, à une évaluation juste et vraie.

    Rumes 24/07/2018

    Illustration : Anonyme, 1975 – Silhouette d’Arcangelo Petrantò

  • Comment ?

    Comment ?
    Toutes ces lignes de fuite
    Ne seraient que perspectives
    Fallacieuses et vides ?

    Comment ?
    Toutes ces énigmes
    Provocantes
    Des leurres parfaits ?

    Rumes  22/12/1996

    Illustration : Philippe Sainte-Laudy – Lignes de fuite