
Il est tout à fait remarquable pour mon propos [Nouveau Testament vs Ancien Testament] que Stendhal dans ce passage distingue le Dieu de la Bible (Ancien Testament) et le Dieu d’amour, de douceur et de miséricorde du Nouveau Testament.
Il exprime parfaitement l’opposition entre un premier Dieu violent, vengeur et despote et un second Dieu foncièrement différent, tolérant et animé par un sentiment de bonté et de pardon.
Le « Dieu de Fénelon » mentionné par Stendhal est d’autant plus prégnant ici que Fénelon (prélat et mystique chrétien du 17e siècle) a développé une vision mystique fort proche de celle du Bouddha.
Tout deux prônent en effet le détachement spirituel et l’effacement de l’ego.
Mais alors que la démarche du Bouddha se développe sans l’intervention d’un Dieu créateur, celle de Fénelon est circonscrite, tradition oblige, dans une union mystique avec le Dieu chrétien tout-puissant…
Rumes 24/05/2026
Illustration : Portrait de Fénelon, homme d’Église, théologien, pédagogue et écrivain français (1651-1715)
Personnage majeur du Grand Siècle, Fénelon prône la doctrine du pur amour qui repose sur un amour désintéressé envers Dieu, délivré de toute attente de récompense ou même de crainte de châtiment
L’âme, par la grâce, parvient à un état de passivité spirituelle totale (le « repos » de l’âme ou quietus) et de contemplation qui vise à une fusion avec Dieu
Cette quête de perfection intérieure et d’oraison silencieuse est associée au courant mystique chrétien du 17e siècle, le quiétisme, dont Fénelon fut la figure centrale en France