
Dans le monde déjà trop vieux
Que nous avons quitté
Sont restées
L’évanescente quiétude
Et la mélancolie
Voyez l’impatience qui nous anime
Et qui a brisé notre coquille…
Taintignies 15/03/1984
Illustration : Poussins

Dans le monde déjà trop vieux
Que nous avons quitté
Sont restées
L’évanescente quiétude
Et la mélancolie
Voyez l’impatience qui nous anime
Et qui a brisé notre coquille…
Taintignies 15/03/1984
Illustration : Poussins

Comparée à la flotte impériale chinoise du grand navigateur Zheng He (1371-1433) — 200 navires, un navire amiral une fois et demi plus long qu’un terrain de football et près de 30 000 personnes (marins, soldats, artisans, concubines, astronomes, cartographes) composant les expéditions navales —, la flottille de Christophe Colomb semble bien dérisoire.
Pourtant, les voyages de l’amiral Zheng He ne constitueront, en fin de compte, que des expéditions de prestige visant tout au plus à recueillir des tributs en faveur de l’empereur de Chine.
Les trois coquilles de noix de Christophe Colomb, amiral de la mer océane, bouleverseront l’état du monde avec des effets durables — dans le bien et dans le mal — jusqu’à nos jours.
Mais cette éclosion maritime chinoise précoce et la colonisation chinoise avortée laissent entrevoir ce que pourrait être, à l’avenir — mais il est déjà amorcé —, le réveil complet de la Chine : un ordre de marche démesuré, global, coordonné.
Rumes 15/09/2009
Illustration : L’armada de Zheng He

Nella città perduta
Correvano nude
Ignare del loro presente
Tutte somiglianti
Alle statue più belle
Ma vive esse pulsanti
Ai miei sensi
Le colonne dei templi
E le vie rette
Stavano lì
A testimonianza perenne.
Taintignies 16/09/1990
Illustration : Paul Delvaux, 1943 – L’ écho ou le mystère de la route

S’il est un texte qui m’a révélé une voie poétique, c’est bien le poème « Pour vivre ici » de Paul Eluard :
J’ai fait un feu l’azur m’ayant abandonné…
Ce texte m’avait bouleversé, adolescent, par sa simplicité formelle, sa symbolique puissante, son cheminement vers l’essentiel.
Pendant très longtemps, ce poème m’a hanté et maintenant encore il continue à me dire quelque chose. Quelque chose qu’il est cependant difficile d’exprimer d’une manière « décodée ».
Car la poésie est un langage dans le langage et elle se joue des significations communes. La poésie ouvre sur un monde virtuel où l’intuition et les signes jouent un rôle démesuré, décisif, hors de proportion avec le « monde réel ».
Dans les poèmes, l’espace-temps est malmené et les liaisons s’effectuent par le biais de raccourcis.
Rumes 9/03/2008
Illustration : Feu de bois

Dans l’adolescence
Vous étiez mon fruit préféré
(Ma vie alors était toute inversée
Telle qu’un devin me l’avait notifiée)
J’étais en consonance avec votre saison naturelle
Je vous ai délaissées lorsqu’est arrivé l’été.
Sost 16/08/2018
Illustration : Miguel Angel Nuñez, 2018 – Pommes vertes sur fond bleu

Si la femme est harmonie
Elancement du corps
Géométrie chaude
Si la femme est alchimie
Emulsion de ses fards
Magie du regard
Si la femme est indéfinie
Charme dilué
Sensualité ivre
Plus que tout autre
Je le sais
Amant secret
Moi
Le Miroir.
Tourcoing 31/01/1978
Illustration : Christoffer Wilhelm Eckersberg, 1841 – Femme devant un miroir

Si stava festeggiando quella sera un parente che si era diplomato da geometra.
Ad un tratto, il nonno già ottantenne si alzò e dirigendosi tra la gente che stava ballando esclamò : « mamma ma che ci fai tu qua ? »
Io ero ragazzo. La scena si svolgeva d’estate in Sicilia, un’orchestrina stava suonando « la fisarmonica » di Gianni Morandi.
Il nonno fu riportato a sedere. Le arterie. Proprio così la famiglia diceva.
Bruxelles 22/02/2008
Illustration : La fisarmonica

Je ne prétends pas être un « véritable » écrivain ni prolifique ni génial. Comme je l’ai déjà dit, mon écriture ce sont des notes que je prends tout au long de mon parcours. Mes impressions, comptes-rendus et réflexions témoignent de mon vécu. Pas d’orgueil. Moins encore de grandes ambitions. Quelques repères dans le flux des instants, des jours, des ans. A usage personnel avant tout. Car l’écriture est en premier lieu une confrontation avec soi-même, une mise au point, un état des lieux et des routes. Je ne suis pas un forcené de l’écriture. Et je n’aspire pas à des reconnaissances éclatantes. Le cas échéant, à une évaluation juste et vraie.
Rumes 24/07/2018
Illustration : Anonyme, 1975 – Silhouette d’Arcangelo Petrantò

Comment ?
Toutes ces lignes de fuite
Ne seraient que perspectives
Fallacieuses et vides ?
Comment ?
Toutes ces énigmes
Provocantes
Des leurres parfaits ?
Rumes 22/12/1996
Illustration : Philippe Sainte-Laudy – Lignes de fuite

J’ai retrouvé, sur internet, l’image du château où, enfant, j’ai séjourné en colonie de vacances. C’était un château tout blanc et vraiment joli. Je garde le souvenir d’un édifice agréable, entouré de bois — qui, à l’époque, me paraissaient étendus — et situé au sommet d’une colline.
Les appels s’effectuaient devant le château. Les enfants étaient rassemblés par décuries. Nous mangions au rez-de-chaussée. On nous servait du jus de pomme à volonté comme boisson, que tout le monde appelait « cidre ».
En-deçà du plateau relativement étroit qui s’étendait devant le château, la pente descendait d’une manière assez raide. Légèrement en contrebas se dressait un énorme chêne. C’est sous cet arbre que nous nous réunissions avant le repas de midi, bien à l’ombre, pour entonner des chants en canon que nous apprenait le « grand chef ».
Nous dormions aux étages. Je me remémore les jeux, les feux de camps, la promenade dominicale jusqu’au centre du village, Saint-Rémy-sur-Avre, pour assister à l’office. Sur le chemin pour rejoindre l’église, nous devions passer sur un petit pont enjambant la rivière. L’eau était toujours claire. Nous assistions à la messe en bloc compact. J’ai le souvenir d’un vieillard, peut-être centenaire, également ponctuel à l’office, et portant un bicorne à la manière du 19e siècle.
Je suis retourné plusieurs années de suite dans cette colonie de vacances. J’aimais notamment les excursions que nous effectuions. Je garde le souvenir d’une promenade en bateau sur la Seine. Nous avions fait une halte à Château-Gaillard. Et puis nous avions rejoint Rouen. Station sur le lieu du supplice de Jeanne d’Arc. Nous avions aussi traversé à pied le pont de Tancarville.
Pendant toute la durée de mes séjours aux portes de la Normandie, j’ai eu droit à un régime personnalisé car je ne supportais pas les tartines beurrées. Des tartines à la confiture sans beurre étaient préparées tout spécialement à mon intention. Au cours de mes trois séjours, les cuisiniers ne se sont trompés qu’une seule fois.
Bruxelles 25/10/2007
Illustration : Le château de Saint-Rémy-sur-Avre
(Ayant été ravagé entretemps par un incendie, le château est, de nos jours, hélas, en ruines)