Elise et Flavia s’étaient perdues

Elise et Flavia s’étaient perdues
En s’avançant entre les tiges
Du champs de maïs voisin

« En continuant à marcher tout droit »
Dit avec assurance Flavia
« On arrivera au bout du champ
Et alors on rentrera à la maison »

Flavia au doux nom romain
Expérimenta ce jour-là d’un coup
La maîtrise de soi
Le pouvoir de conviction
Et les dimensions finies des surfaces
Des actions et du temps.

Rumes 31/08/1999

Illustration : champ de maïs

Castello normanno

Il castello — detto normanno — si ergeva non tanto lontano dal paese. Bei ruderi tramandati da epoche irrequiete.

Uno zio, quello tornato dal Venezuela, aveva comperato i campi ai piedi del monumento e li coltivava.
Andai a visitare il castello con mio padre e mio fratello, era d’estate.

Esso dominava il panorama circostante esprimendo certa fierezza per la propria resistenza agli effetti del tempo.

Toccare di mano un castello « normanno », nel proprio paese natio per di più, era fonte di altrettanta fierezza, di emozione intensa, per me, ragazzo quattordicenne appassionato di storia e vivente a 3000 km dalla Sicilia.

Con la macchina fotografica (ricordo, di marca Bencini), feci tante fotografie in bianco e nero del sito : di fronte, di profilo, anche dalla parte più ripida.
Fotografie dimenticate ormai in qualche cassetto o dentro qualche scatola in soffitta.

Rumes 13/09/2008

Illustration : Arcangelo Petrantò, 1966 – Château normand (« lu castiddrazzu ») de Delia (Sicile)

Résonance

Certains livres peuvent nous abattre, certains auteurs nous déstabiliser.

J’ai beaucoup lu Apollinaire. J’aimais son écriture « moderniste », imagée, directe.
Mais sa mélancolie native venait résonner contre la mienne. Au début, d’une manière discrète mais qui allait progressivement s’amplifiant.

Par la suite, je m’aperçus que chaque fois que je lisais Apollinaire je tombais en déprime, je devenais malade au sens littéral du terme.
J’ai dû cesser de le lire.

Sans doute, certains écrivains — poètes en particuliers — sont-ils liés à des saisons précises de notre vie, tantôt éclatantes, tantôt chagrines.
Apollinaire, d’une certaine manière, alimentait vigoureusement cette seconde veine.

Rumes 31/01/2008

Illustration : Clelia Petrantò, 2004 –Arcangelo Petrantò (esquisse)

Espaces disciplinés

Ce qui me passionne précisément dans l’esprit et l’action de la Rome antique c’est le caractère stratégique.
Comme l’a fait remarquer Umberto Eco, la délimitation de l’espace et de la frontière.
De la création de villes aux confins du désert au tracé de routes essentielles dans les pays les plus divers.
Sur le plan des idées, la constitution du Droit et de l’institution juridique là aussi détermination de frontières, création d’espaces disciplinés.

Taintignies 2/06/1986

Illustration : Mur d’Hadrien, édifié entre 122 et 127 de notre ère au nord de l’Angleterre (antique Britannia), pour délimiter la frontière de l’Empire romain (le Mur d’Hadrien est inscrit sur la liste du patrimoine mondial)

Figés dans nos gestes

Figés dans nos gestes
Qu’avons nous appris
Des autres et de nous-mêmes ?

Jadis le pas alerte
L’esprit aux aguets
Tout résonnait dans le cercle
Le désir aussi mirage prompt
A surgir à s’immiscer

Mais les mots ont perdu leur finesse
Et même les chagrins sont devenus périmés
(Ils ont largement dépassé
Leur date limite de validité).

Bruxelles 3/11/2016

Illustration : Isidore Odorico, première moitié du 20e siècle – Mosaïque

Représentation de la réalité

1 – Philosophe

La figuration du monde m’appartient
Je sais comment circonscrire
Les diverses fonctions du connu
Et rendre compréhensible
Les écheveaux complexes de l’indicible

2 – Géographe

Mais vos catégories
Ne définissent que des chimères
Moi je trace des certitudes
Et transcris les frontières vraies de la matière

1

Vous déterminez les couleurs
Et la physionomie du rêve
Et moi je l’interprète

2

Fallacieuses randonnées
Mythologie du verbe
La réalité ne se laisse appréhender
Que dans la rigueur de ses données

1

Derrière les structures sensibles
Se manifestent les contours de l’idée

2

Le réel ne cache aucune carte
Dans les poches de son gilet…

Taintignies 22/05/1983

Illustration : Gustave Courbet, 1855 – L’Atelier du peintre (détail)

Guerre strane

Le guerre italiane sono strane. Mio padre, i miei zii, un cugino di mio padre hanno combattuto durante la seconda guerra mondiale sui teatri di operazioni più vari : in Africa orientale e settentrionale, in Russia, nei Balcani. Ai lati della Germania.

Ma, oltre che in Kenya, Algeria, Stati Uniti, si sono ritrovati prigionieri anche in Germania (ex alleato).

Sembra la prefigurazione di una « commedia all’italiana » anni ’60. Commedia amara e drammatica. Il cugino di mio padre dalla Russia non è mai tornato.

Rumes 18/02/2008

Illustration : Archives familiales – Calogero Ferrante, né en 1913 et porté disparu pendant la campagne de Russie en 1942