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  • Jésus en miroir de Romulus

    Il est bien évident que la vie du « dieu » Jésus a été racontée aussi sur base des lieux communs inhérents aux récits « héroïques » en vigueur dans l’Antiquité.

    Ainsi un parallèle peut-il être établi entre la disparition de Romulus et son élévation au ciel et la disparition et la montée aux cieux de Jésus.

    De même, la « réapparition » post-mortem de Romulus et de Jésus qui vient confirmer leur accession à l’immortalité et au statut de divinité.

    Rumes 25/04/2018

    Illustration : Antonio Tempesta, 1606 – La divinisation (apothéose) de Romulus

  • Entre deux chopes de Brunehaut

    Le soir s’est affermi déjà
    Et dans son pavillon isolé
    Le député a réuni quelques dévoués

    Les dossiers sont passés en revue
    Et traités avec gravité
    Mais entre deux chopes de Brunehaut

    Un des hommes est venu avec sa petite fille
    Et maintenant celle-ci joue
    Avec les enfants du député
    Dans les couloirs de la maison
    Et jusque dans la pièce de réunion

    Les enfants s’amusent tranquillement
    Aux pieds des adultes
    Avec des voitures miniatures

    Les encyclopédies sont alignées mélancoliques
    Sur des étagères claires

    Sur le mur de crépi blanc
    Pend l’écharpe parlementaire
    Accrochée à un clou.

    Taintignies 26/11/1983

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2026 – Echarpe parlementaire
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • La velocità crea la distanza

    Dando pertanto ragione ai sofisti si può
    Affermare che in fondo la realtà è statica
    E tutto è una questione di proporzioni

    La velocità crea la distanza
    La storia le azioni
    L’orologio crea l’appuntamento
    (ovvero la precisione)
    Il bambino crea i genitori
    Il pensiero le angosce
    Le parabole la religione
    I denti creano il leone
    I ciechi le visioni.

    Tournai 26/03/1991

    Illustration : Voyager 1
    (Vue d’artiste)

    C’est la sonde spatiale la plus éloignée de la Terre

    Lancée le 5 septembre 1977 par la NASA, elle poursuit sa course à la vitesse vertigineuse d’environ 61155 km/h (soit près de 17 km par seconde)

    Voyager 1 atteindra la distance d’un jour-lumière (24 heures-lumière) le 18 novembre 2026 et se trouvera à environ 25,9 milliards de kilomètres de la terre

  • En larges cercles concentriques

    En larges cercles concentriques
    Ma peine va décroissant
    Et ma force s’amplifiant

    Telle une nation longtemps déstabilisée
    Et retrouvant confiance considération
    (Et gloire de surcroît ?).

    Bruxelles 10/09/1990

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2026 – Amplification
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Entre deux eaux

    Je flottais entre deux eaux
    Autour de moi grouillaient
    Menu fretin espadons dauphins
    Je ne percevais plus les vagues
    Au-dessus ni les remous en bas
    J’avais atteint ce point précis
    Où l’on ne ressent plus ni l’envers
    Ni l’endroit ni le chaud ni le froid
    Mon corps mêlé aux éléments
    Ne faisait plus qu’un sensible
    Et pareillement indifférent
    J’étais comme un sous-marin

    En méditation

    Était-ce mon esprit qui était fluide
    Où n’étais-je qu’un reflet foisonnant ?

    Bruxelles 5/04/2016

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2026 – Harmonie
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Ornementation et occultation

    Mais l’art sert aussi à orner la vie, à rendre plus supportable celle-ci. Mieux, à camoufler l’inhumanité de la vie, comme dit Nietzsche.

    C’est dans cette double nature de l’art (expérimentation des composants du réel et occultation de la cruauté du réel) que se trouve tout l’enjeu de son interprétation.

    Aillon-le-Vieux 21/08/2007

    Illustration : Représentation des deux masques de théâtre féminins

    Fresque de la maison du bracelet d’or, à Pompéi, Italie (première moitié du 1er siècle de notre ère)

  • Vestita di bianco

    Nella stanza al piano di sopra lui sogna della figlia morta qualche settimana addietro. Nel sogno la figlia vestita di bianco è giù in cucina. Lui si sveglia. Allora scende in cucina per rivedere sua figlia che l’aspetta come nelle immagini appena intraviste. Ma non c’è nessuno in cucina.

    Bruxelles 12/02/2015

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2026 – Entre rêve et illusion
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Oui ou non ?

    (Interlude fantaisiste)

    Le kiwi ne dit jamais non !

    Rumes 9/03/2006

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2026 – Le kiwi dit toujours : oui !
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Démocrite et Platon, encore (en réponse à Fabrice)

    Oui, je connais cette théorie de la réalité comme hologramme. La réalité ne serait que virtuelle. Une forme d’illusion.
    Je crains que cette théorie ne soit qu’un avatar de l’idéalisme.

    Il faut partir de notre vie « réelle », quotidienne, immédiatement perceptible.
    La réalité globale a beau être philosophiquement parlant une « illusion », il se passe que dans la réalité quotidienne, à notre échelle, nous avons à faire avec une réalité « solide », avec des causes apparentes et des effets apparents : une collision frontale entre deux véhicules automobiles provoque des dégâts, un immeuble qui s’écroule également, une inondation de même.

    La réalité aurait beau être « fondamentalement » une illusion, c’est néanmoins une illusion comportant, dans notre expérience immédiate, des dimensions, un poids, une densité, une localisation spatio-temporelle, une « matérialité », en somme, bien embarrassante.
    Que cette « réalité » puisse évoluer, se transformer, se désagréger, voire s’annihiler ne change rien à la perception immédiate que nous en avons.

    Face à cette réalité immédiate implacable, l’approche idéaliste s’est efforcée d’en atténuer les angles voire de l’occulter par le biais de l’« illusion ».
    Le problème reste entier donc. Oui, il est possible que la réalité ne soit qu’une immense « machinerie » virtuelle, composée de purs paramètres mathématiques, cependant notre réalité est une réalité essentiellement « concrète ».

    Toute l’histoire humaine, d’après ce que l’on en sait, a consisté jusqu’à ce jour, à se protéger de la « nature » (qui n’est rien d’autre que la « réalité » dans laquelle nous sommes immergés), de ses menaces, de ses manifestations néfastes et de tirer parti de ses forces brutes, de son état, de son aveuglement même.
    Car la réalité dans laquelle nous sommes partie prenante est une réalité aveugle, indifférente et sourde (au moins à notre échelle), c’est une réalité qui broie.

    Certains renvoient à une divinité l’existence de cette réalité.
    Mais que valent toutes les soi-disant beautés du monde face à la souffrance ? Quelle gloire pourrait retirer une divinité de cette souffrance tellement récurrente dans notre monde ? N’est-ce pas une manière de se voiler les yeux ?
    A moins de donner une signification « supérieure », « pertinente » à la souffrance, à la douleur, signification que pour ma part je récuse.

    La réalité, telle que nous la percevons, suit une logique matérielle qui est celle de l’expérience quotidienne et immédiate.
    Et nous essayons de rendre compte de cette réalité avec les instruments à notre disposition. Les concepts eux-mêmes naissent de notre expérience immédiate, par analogie, extension, généralisation.

    Que cette réalité soit volatile voire fondamentalement « immatérielle » ne change rien à l’affaire d’un point de vue de l’ici et maintenant (hic et nunc).

    Que notre conscience puisse nous relier à d’autres plans, d’autres interfaces, c’est possible voire certain, mais n’est-ce pas aussi une manière de vouloir poursuivre la proie pour l’ombre, une manière d’être en décalage par rapport à notre réalité ?

    Tout ceci pour dire que je réaffirme le match nul entre Démocrite et Platon.

    La réalité est-elle une idée universelle qui se matérialise ou bien une structure matérielle (à notre échelle et dans notre horizon de conscience) qui aspire à s’évader de son confinement ?

    Le rêve, l’imaginaire, la souffrance, la rugueuse matière, tout cela forme un tout mêlé dans notre perception, quoique distinct en ses éléments.
    Ce tout constitue notre réalité (notre univers ?).
    Parmi d’autres univers, d’autres réalités ?

    Bruxelles 3/03/2009

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2026 – Dialogue entre Démocrite et Platon
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Démocrite et Platon

    L’éternelle question du « dehors » et du « dedans », de l’esprit et de la matière reste, quoi qu’on en dise, en suspens.

    De la relation entre ces deux entités surgit la responsabilité aussi bien que le hasard, la nécessité ou encore la volonté.

    La matière nous façonne, nous conditionne, nous entraîne, parfois nous malmène, nous donne le vertige. Idem de la part de l’esprit.

    Véritable Janus bifrons, notre réalité n’est pas sécable.

    Le dedans et le dehors figurent comme l’avers et le revers d’une même pièce.

    Et même la « virtualisation » de la vie n’y changerait rien. Car ce processus relèverait simplement de l’« allègement » de la matière.

    Une distinction se perpétuerait entre l’« idée » et la « mise en œuvre », à savoir sa formalisation.

    Match nul entre Démocrite et Platon.

    Bruxelles 26/01/2009

    Illustration : La tête de Corleck, sculpture celtique du 1er ou 2e siècle de notre ère

    Trouvée vers 1855 à Drumeague, dans le comté de Cavan en Irlande, près de la colline de Corleck