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  • Destination gare du Midi ou Noord station

    — Bruxelles ville de transit. Les ministres européens en conseil. La cohue des navetteurs. Les avions qui atterrissent et qui décollent. La ville elle-même en transit : destination gare du Midi ou Noord station…

    Bruxelles 12/04/1999

    Illustration : Gare du Midi, Bruxelles

  • Davanti allo specchio

    Davanti allo specchio
    Son disposte le scatole

    Dentro le scatole
    Giacciono i ritagli
    Ben ordinati

    Ritenuti istanti
    Azioni ripudiate
    Immagini vagheggiate

    Lo specchio abile mago
    Moltiplica anzi
    Questi assopiti fantasmi

    Persino l’inchiostro
    È pronto sullo scaffale
    Per le revisioni
    Imminenti ed essenziali.

    Bruxelles 9/08/1990

    Illustration : Léon Spilliaert, 1904 – Boîtes devant une glace

  • Petit drapeau français

    Depuis l’école primaire « Victor Hugo » où l’on nous avait rassemblés, en colonne par deux nous avons rejoint le Pont du tilleul. Là, on nous a disposés en groupe compact. A chacun d’entre nous on a remis un petit drapeau. C’est ainsi qu’à Tourcoing, en 1959, j’ai salué, avec les autres écoliers, le passage du général De Gaulle, en agitant un petit drapeau français.

    Bruxelles 12/01/2016

    Illustration : Visite du général De Gaulle à Tourcoing (septembre 1959)

  • Univers parallèles et vision culturelle

    La théorie des univers parallèles (ou multiples) pourrait apparaître à bien des égards comme une construction mentale particulièrement bien adaptée sinon issue de notre état et environnement culturel.

    De même que la théorie du Big bang reflétait la conception monothéiste prédominante de notre société il y a à peine de cela quelques décennies (le pape Pie XII l’avait adoptée), la théorie des univers parallèles reflète maintenant la vision sociale et culturelle en vigueur en Occident basée sur la démocratie, le libéralisme, le pluralisme, l’individualisme, la responsabilité personnelle.

    Qualités qui correspondent parfaitement à la nouvelle conception cosmologique où chaque univers vit sa vie spécifique, avec ses propriétés particulières pour ne pas dire privées, à l’instar des citoyens de notre société.

    Un autre aspect vient conforter aussi cette vision culturelle, alors qu’on assiste à la perte d’influence de la pratique religieuse et à la montée en puissance absolue de la science : la mythologie religieuse, à caractère consolatoire, est ainsi modernisée, actualisée dans une construction en harmonie avec nos préceptes et pratiques scientifiques.

    Si jadis l’espoir conduisait aux Champs Elysées, au Walhalla ou au Paradis, nos attentes de consolation nous projettent maintenant tout droit dans les univers parallèles. Si je souffre ici-bas, dans un autre univers, par contre, je suis parfaitement bien.

    Bruxelles 27/03/2015

    Illustration : Représentation d’artiste de la théorie des univers parallèles (ou multiples)

  • La gloire de l’escargot

    La gloire de l’escargot
    Tient en la demeure
    Qu’il porte sur son dos

    Symbole précieux
    Et mystérieux
    Signal retentissant
    Enoncé devant nos yeux

    Peut-être l’image
    De l’infinitude d’un dieu ?

    Rumes 24/04/2022

    Illustration : Rectangle d’or et spirale de Fibonacci construite à partir des premiers termes de la suite de Fibonacci
    Leonardo Fibonacci (v. 1170-v.  1250) est également connu sous le nom de Léonard de Pise

  • Ho seguito il loro esempio

    Così come al loro tempo i poeti della « Scuola siciliana », ho portato avanti idealmente la mia « opera poetica ».

    Loro erano funzionari statali, consiglieri, uomini di legge presso la corte dell’imperatore Federico II di Hohenstaufen.
    La loro lingua d’uso « professionale » era il latino (un pò come potrebbe essere oggi l’inglese per qualche funzionario di un’organizzazione internazionale).
    Scrivevano per diletto in « volgare siciliano » (primo modello di lingua letteraria italiana) quando le loro importanti responsabilità glielo permettevano.

    Per loro, la letteratura era un contorno, uno svago, un passatempo.

    Io ho seguito, nel mio ambito, il loro esempio.

    Rumes 10/02/2008

    Illustration : Jacopo da Lentini (c. 1210/c. 1260), notaire impérial considéré comme le créateur de la forme poétique du « sonnet »
    Détail d’une miniature anonyme de la fin du 13e siècle

  • Le voyage durait trois jours et deux nuits

    Bien avant l’avènement des avions charters, sous la houlette de la compagnie belge Wasteels, on avait institué, pour se rendre en Italie, des « trains spéciaux ». Leur particularité ? On évitait les soucis de correspondances : le train spécial vous emmenait directement à destination.

    Sur le quai du départ, c’était toutes les Calabres, les Siciles et les Pouilles qui se donnaient rendez-vous. Le convoi, plein à craquer, s’élançait enfin, emportant dans le cœur des passagers les aspirations merveilleuses liées à ce retour momentané au pays.

    L’exode estival de ces Italiens de l’étranger constituait un spectacle haut en couleurs. Amoncellement de bagages, de sacs et de paquets de toutes sortes, cris, rires, éclats de voix, adultes et enfants entremêlés. Beaucoup de femmes âgées s’habillaient encore de noir, suivant la tradition. Les valises en cartons étaient, pour la plupart, ficelées par excès de précautions.

    Le voyage durait trois jours et deux nuits jusqu’en Sicile, la destination la plus distante.
    Immédiatement, une grande familiarité s’instaurait entre voyageurs. C’était d’interminables conversations, des notes de guitare, de mandoline ou d’accordéon qui se répandaient dans les wagons. Et puis on sortait boissons, œufs durs, sandwiches, saucissons…

    On passait le temps à regarder le paysage : la Lorraine industrielle avec ses hauts-fourneaux (en traversant cette région, on s’amusait de la flopée de noms de villes se terminant en –ange), les lueurs helvétiques dans la somnolence de la nuit et puis il y avait les tunnels innombrables et le cliquetis des rails et le balancement des wagons.

    L’émerveillement se produisait au petit matin, après le Saint-Gothard. La Suisse italienne servait de prologue. D’un coup tout avait changé : les couleurs, l’architecture, la température, les sonorités, l’ambiance.

    Enfin l’Italie et la course soutenue tout le long de la péninsule. Milan, Bologne, le franchissement des Apennins, Florence, Rome, Naples. Après Naples, le train longeait la côte Tyrrhénienne, presque en continu. Une Méditerranée de rêve ! On pouvait presque toucher la mer du bout des doigts !

    Et puis la nuit des Calabres, à peine éclairée ici et là par les lueurs des villages lointains accrochés à flanc de montagnes et le scintillement des barques équipées pour la pêche au lamparo.

    Enfin, le détroit de Messine, la chaleur caniculaire, Taormina, le panache de l’Etna…
    On s’accoudait aux fenêtres des compartiments ou le plus souvent aux fenêtres du couloir des wagons pour sentir l’air chaud frôler la peau, agiter les cheveux, en dépit de l’avertissement indiquant : « È pericoloso sporgersi ».

    Bruxelles 2/02/2016

    Illustration : F. Corbetta, 1853 – « Veduta d’Italia »
    Carte de la péninsule italienne suivant une perspective inhabituelle

  • Avec mes pattes de ciron

    Avec mes pattes de ciron
    Comment pourrais-je parcourir le monde
    Si ce n’est sur le dos des hommes en avion
    A moins de mettre au point des manipulations
    Susceptibles de réduire le monde
    A mes raisonnables dimensions.

    Bruxelles 21/04/1993

    Illustration : Ciron au microscope électronique (taille 0,5 à 1 mm)

  • C’était le triomphe de l’œil magique

    L’imposant meuble-radio Schneider Bolero 57, surmonté d’une platine tourne-disques, trônait dans l’appartement. Le soir, de la grande baie vitrée parvenait le reflet atténué de l’éclairage public et de la clarté lunaire.

    Dans cette pénombre bénéfique, j’allumais le poste de radio. Installé dans un fauteuil, je parcourais doucement, avec le sélecteur, le cadran sur lequel figuraient le nom d’une soixantaine de stations. Voici Paris, London, Moskva, Praha, Monte Ceneri, Lisboa, Roma

    Alors, j’explorais le monde par l’oreille. Ondes courtes accompagnées parfois de sons étranges, de mélodies irréelles, de rebonds mystérieux, de chevauchement de voix insaisissables…

    C’était le triomphe de l’œil magique, voyant qui indiquait la qualité de réception. Œil vert fascinant, d’une intensité merveilleuse.

    L’arrivée, plus tard, de la télévision et du transistor ne chassa pas la radio de la maison. Suivant l’esprit du temps — la Russie soviétique et l’Amérique de la libre entreprise ayant proclamé la cohabitation atomique — la télé et la radio coexisteront pacifiquement et durablement dans l’appartement.

    Tournai 9/02/2016

    Illustration : Meuble-radio Schneider Bolero 57

  • Giocavo con la volta celeste

    Giocavo con la volta celeste
    Riproducendo talor nel pensiero
    La Notte
    Ma con un’aria disinvolta
    Nascevano così nuovissime costellazioni
    Quasi giocassi a dadi con le stelle.

    Antoing 10/10/1980

    Illustration : Ciel étoilé