Accueil

  • Peut-être en alternance

    Souffrance indifférence
    De quel côté penche la balance
    Peut-être en alternance
    Tantôt à hue tantôt à dia
    En quinconce en parallèle
    A saute-mouton même

    Mon cœur oh mon cœur
    Il saigne il déborde
    Et mes larmes sont sèches
    Ah mes larmes
    Comme le fond
    De cette bouteille
    Ou de la Mer d’Aral.

    Tournai 24/09/2008

    Illustration : Mer d’Aral

  • Un enfant qui court

    Un enfant qui court
    Vers un ballon rouge
    Dans le jour bleu
    Qui se précipite
    Comme la vie
    Dans ses yeux

    Le temps d’une photographie
    Et puis tout se fige.

    Rome 21/05/1972

    Illustration : Félix Vallotton, 1899 – Le Ballon (ou Coin de parc avec enfant jouant au ballon)

  • L’esperienza ungarettiana

    La lettura di Giuseppe Ungaretti rappresentò nella mia formazione letteraria un momento molto importante.

    Innanzi tutto per l’approccio della lingua italiana.
    La lingua poetica di Ungaretti esprimeva una rottura rispetto alla tradizione letteraria legata alla cultura « colta », all’eleganza stilistica latineggiante, alle forme linguistiche complesse, ai modelli ispirati alla mitologia classica.
    La lingua letteraria italiana difficile da leggere, talvolta enigmatica, veniva da lui semplificata. Ma non nel senso di un impoverimento bensì rendendola più densa e insieme più comprensibile, più immediatamente decifrabile (per lo meno formalmente).

    In secondo luogo per l’elaborazione della materia poetica.
    Ungaretti faceva tabula rasa delle elaborazioni retoriche e degli schemi strausati.
    Nelle condizioni estreme della vita in trincea, in bilico tra la vita e la morte, egli tornava ai basics abbattendo le decorazioni di cartapesta che imperavano fino allora.
    Egli si riappropriava quindi della lingua reale, del vocabolario d’uso quotidiano con significati non mediati. Per esprimere un’esperienza vitale in corso.
    Una rivoluzione. Che mi colpì (per me, allora, la lingua italiana era una lingua quasi « straniera »).
    Questa lezione ungarettiana penso di averla integrata senza eccessi, senza estremismo. Prendendo anche in dovuta considerazione la seconda parte dell’opera di Ungaretti, quella relativa alla ricostruzione del discorso poetico.

    Terzo, per un certo parallelismo tra la sua vita e la mia. Entrambi più « italici » che « italiani » : egli, nato ad Alessandria d’Egitto e vissuto poi in Italia ma anche a Parigi e persino in Brasile. Io, nato in Italia, ma vissuto poi in Francia, adesso in Belgio.
    Quando Ungaretti scriveva :

    « Chiara Italia, parlasti finalmente
    Al figlio d’emigranti. (…)
     »

    le sue parole echeggiavano nel mio animo. Oppure quando alludeva ai « suoi » fiumi :

    « Questo è l’Isonzo… Questo è il Serchio… Questo è il Nilo… Questa è la Senna… Questa è la mia nostalgia… »

    sentivo intimamente la sua sequenza esistenziale.

    Complessivamente, l’esperienza ungarettiana ha rappresentato, per me, una fonte di confronto e di emulazione sia dal punto di vista umano sia per il percorso letterario e l’elaborazione poetica.

    Rumes 22/06/2008

    Illustration : Gino Bonichi (dit « Scipione »), vers 1930 – Portrait de Giuseppe Ungaretti

  • Bruyante brigade

    Voyage, l’autre soir, en compagnie d’une bruyante brigade d’apprenties coiffeuses de retour d’un examen pratique chez L’Oréal, à Bruxelles.

    Presque submergé par la matière sonore. Ça criaille, ça bouge, voix aiguëes, suraiguëes, sonneries de Gsm, tumulte.

    On se croirait presque un samedi matin dans une piscine communale.

    Elles parlent des examinateurs, l’un plus sévère, l’autre pas, de coloration et de coiffures (bien sûr), de leurs petits copains.

    Informations capitales que je retiens : la plupart des clientes ne connaissent pas la couleur de leurs cheveux et quand elles laissent carte blanche à la coiffeuse (« faites comme vous voulez »), elles sont bien souvent mécontentes des résultats — trop noir, trop clair, trop court, etc.

    Bruxelles 12/11/2007

    Illustration : Publicité L’Oréal (Paris), 1966 – « Grey Charm » (détail)

  • L’Imposteur je le connais peu

    L’Imposteur je le connais peu
    C’est un chat bicolore
    Qui vient traîner parfois dans le jardin
    Il ne craint pas de s’approcher
    Jusque devant les fenêtres
    Comment le reconnaître
    Une large bande blanche
    Traverse son noir flanc droit
    L’Imposteur ainsi l’avais-je dénommé
    Car confondu plusieurs fois
    Avec l’Astuce mon chat familier
    Au pelage noir et blanc idem.

    Rumes 5/05/2020

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2022 – L’Imposteur

  • L’avion de la Hinthial Air Line

    L’avion de la Hinthial Air Line
    Prit son envol à 8h24
    (Rien à signaler pendant la traversée)
    L’atterrissage s’effectua
    A 15h47 comme prévu

    Mais à l’arrivée
    L’équipage et les passagers
    Avaient disparu

    Après une enquête minutieuse
    On découvrit l’ignoble vérité :
    L’avion était carnassier.

    Bruxelles 23/05/1991

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2020 – Traînée de condensation d’avion, Parc des Cinq Rocs, Calonne (Belgique)

  • (Ancora di salvataggio)

    — Non sapevo che tu
    Fossi ingrassata così tanto

    — Dà una sensazione strana sai
    Sprofondare in un manto di grasso

    — Mi raccomando
    Non annegarti

    — Nulla da temere
    L’anima resterà sempre a galla.

    Bruxelles 7/04/1998

    Illustration : Fernando Botero, 1987 – Femme en train de fumer une cigarette

  • Bibliothèque « privée »

    Le Centre culturel de Tourcoing avait été réactivé après une période de léthargie.

    Pour l’occasion, on avait invité quelques jeunes étrangers présents dans la ville, notamment une Camerounaise… et deux Siciliens : Angelo Gallo, mon cousin, et moi-même.

    Evidemment, un journaliste (en l’occurrence de « La voix du Nord ») était venu faire une photo de l’évènement local et avait écrit un bref article pour l’une des éditions des jours suivants.

    Un dialogue interculturel avant l’heure. Du moins dans les intentions. Bien sûr, cela n’a duré que ce que durent les roses, le temps de quelques rencontres, mais j’ai gardé de ces échanges le goût du dialogue, de la découverte de l’autre.

    Exit ce candide exotisme, je me pris d’affection pour la bibliothèque du lieu. Non pas tant pour les livres dont la plupart n’étaient pas récents mais surtout pour l’environnement.

    Car je me rendis compte assez rapidement que peu de gens (pour ne pas dire personne) fréquentaient cette bibliothèque.

    Le cadre me convenait, j’en fis ma salle d’étude privée — je pouvais même consulter sur place diverses revues auxquelles le Centre était abonné, notamment les fameux magazines américains « Time » et « Life ».

    La pièce était assez spacieuse sans être pour autant démesurée. Bien éclairée et bien chauffée, elle disposait de chaises et d’une grande table. J’y établis mes quartiers. C’était parfait.

    C’est ainsi que pendant toute la durée de mes études secondaires, la bibliothèque du Centre culturel est devenue ma deuxième maison. Là, j’ai fait nombres de devoirs scolaires, j’ai élaboré des projets, j’ai composé des textes poétiques.

    C’était ma retraite secrète, l’endroit où je pouvais me ressourcer. Une solitude bénéfique.

    Bruxelles 1/02/2016

    Illustration : Magazine « LIFE », page de couverture du 4 mars 1966

  • Moi aussi je m’attendais

    Moi aussi je m’attendais
    A des rencontres éclatantes
    Des voyages étranges
    Des hasards merveilleux et improbables

    Mais hélas !
    Je n’ai parlé qu’à des personnes banales
    Et mes destinations figuraient
    Dans les catalogues des agences de voyages

    Comme une purée de pois
    M’enveloppaient des cercles grisâtres

    Et mes propres fantasmes passaient
    Au-dessus de ma tête comme des nuages

    Par deux fois j’ai connu l’humiliation
    D’avoir été knock-down et j’ai entendu
    Distinctement l’arbitre compter
    « Seven, eight, nine »

    Mais par deux fois j’ai reconnu
    Le fil d’Ariane.

    Tournai 4/05/2004

    Illustration : Crispijn van de Passe, 1602-1607 – Thésée et Ariane et le labyrinthe du Minotaure

  • Avec leur mimétisme inattendu

    Avec leur mimétisme inattendu
    A même les aspérités
    Intérieures du corps
    Que faut-il de plus
    Pour appréhender la peur ?

    Etre fort
    C’est reconnaître
    La nature oppressante
    Du réel généré par l’exil

    A travers la conscience
    Entr’ouverte à peine
    S’enfuient les serpents
    Amers lancinants et cruels.

    Taintignies 26/03/1983

    Illustration : Guido Mocafico, 2007 – « Serpens »