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  • Più avanti

    Più avanti
    Il branco correva
    Lungo il meandro
    Del fiume
    Appartata
    Forse lei ha sentito
    Le grida forse
    È stato l’istinto
    Oppure l’intuito
    Il cesto leggero
    Fluttuava contro
    La riva nel cesto
    La lupa ha trovato
    Romolo e Remo.

    Bruxelles 18/06/1997

    Illustration : Annibale Carracci, 1590-1591 – Romulus et Rémus allaités par la louve, palais Magnani, Bologne (Italie)

  • Fluctuation

    Il suffirait d’une fluctuation.

    Sans date (avant 14/02/2006)

  • D’abord cracher vomir extirper

    D’abord cracher vomir extirper
    Ce qui était envenimé
    Abolir la souffrance insidieuse

    Ensuite reprendre à pleines mains
    Le présent saisir l’intense
    Me réapproprier la mesure des mondes
    Restaurer la conscience

    Enfin rendre claires les images
    Que j’énonce transformer les menaces
    Et l’angoisse même en vastes orages bienfaisants.

    Taintignies 4/08/1989

  • Pique-nique

    Souvenir d’un moment insouciant et merveilleux, celui d’un pique-nique de plusieurs familles italiennes dans un terrain vague près des appartements où nous logions.
    Mon oncle Gaétan prends des photos. Dans l’une d’entre elles que j’ai retrouvée, je suis accroupi et ne regarde pas l’objectif. Il y a un voisin guitariste et un autre qui joue de l’harmonica. Mon père est en train de chanter.
    Je remarque dans la photo qu’il porte une cravate, même pendant ce moment de détente. Ce devait être un dimanche. A l’époque on travaillait aussi le samedi.
    A l’arrière-plan, l’image floue de ma grand-mère Margherita.

    Bruxelles 8/01/2016

    Illustration : Archives familiales, fin des années 1950, pique-nique

  • A Malanu

    L’azione si svolge a Lilla, nel nord della Francia, fine anni sessanta.

    Io, mio padre e mio fratello siamo venuti ad accogliere alla stazione ferroviaria uno zio proveniente dalla Sicilia.
    L’arrivo è previsto di mattina.

    Il treno giunge alla stazione ma nessuno zio in vista.
    Il flusso della gente che scende dalle vetture e poi si disperde.
    Rimaniamo un po’ perplessi.
    Quando dall’altra punta della stazione giunge gridato a mio padre con voce stentorea :
    « To fra’… lu vitti… a Malanu !!.. ».

    Lo zio aveva sbagliato treno e anziché seguire la via più ovvia transitando dalla Svizzera (con il « Calais-Bâle ») era partito in direzione di Torino, Modane e quindi Lione, Parigi…

    Arrivò lo stesso lo zio a Lilla ma di sera e mio padre era incazzato.
    Dovemmo fare quel giorno un po’ di turismo forzato.

    Rumes 15/10/2008

    Illustration : Gare de Lille-Flandres, dans les années 1960

  • (Le bouchon de lavabo)

    Clé de voûte attitrée
    Je soutiens des liquides
    O mon travail d’Hercule intermittent

    A travers les volumes fluides
    Transparents j’aperçois doigts
    Mains et bras familiers
    Et visages s’approchant
    Nudités rasoirs portemanteaux brosses à dents
    (On me crache aussi dessus
    Pour me provoquer ?)
    Et les savonnettes putains disposées
    A caresser toutes les peaux

    Puis ma vision devient opaque
    La cécité me frappe
    Je perds tout contact

    Lorsque soudain proférant
    De sourds grognements l’eau souillée
    S’enfuit sous moi comme honteuse
    Poursuivant un destin souterrain précipité.

    Bruxelles 25/06/1991

    Illustration : Joseph Farrelly – Jeune femme au lavabo (Girl at the sink)

  • On donne à l’écriture

    On donne à l’écriture une valeur démesurée. En fait, elle est dérisoire. C’est l’effort de vouloir fixer le mouvement de la vie : gestes, séquences, perceptions… C’est aussi une manière de vouloir la dupliquer. L’écriture a donc une fonction mémorielle mais également exemplaire. Dans les deux cas c’est toujours une construction, susceptible, comme toutes les constructions, d’être manipulée ou de mentir. Finalement, une fois passée par ce crible, il ne reste, de l’écriture, que la dimension esthétique dont la perception peut d’ailleurs varier au fil du temps.

    Rumes 19/01/2019

    Illustration : Manuscrit de L’infinito de Giacomo Leopardi, 1819
    L’œuvre fait partie des Idilli

  • Amitié franco-allemande

    Voyage en Allemagne, il y a quelques années. Propos anodins échangés avec un vieux jardinier.

    « — D’où venez-vous ?
    — Du nord de la France
    — Ach ! Je connais bien votre région. Je l’ai survolée avec un bombardier en mai 1940 ! »

    Léger flottement. Une fraction d’instant.

    Délices du tourisme aérien d’antan.

    Bruxelles 29/11/2007

    Illustration : Bombardiers « Stukas » survolant la France, 1940

  • (Piazza San Pietro)

    Colonnati che avete udito mio padre
    Oggi mi ritrovo davanti
    Al vostro lieve rigore
    E mi pare che lo spazio dilaghi

    Non fuggiaschi né pellegrini
    Ma emigranti eravamo
    Ed era d’estate

    Quante speranze in quegli anni
    Quanta tenacia quanti palpiti

    Mitica appariva l’Italia
    E possenti le antiche statue

    (A Roma si sostava per alcune ore
    Prima di tornare oltr’Alpi
    Ed avevo quindici anni).

    Roma 11/04/1991
    Bruxelles 29/06/1992

    Illustration : Gian Lorenzo Bernini (dit Le Bernin), 1656-1667 – Colonnades de la Place Saint-Pierre, Rome

  • De son cheval bondissant

    De son cheval bondissant
    Et hirsute
    Le cavalier blanc
    Menaçant et brandissant
    Les attributs de la discorde

    Des corbeaux sont venus se poser
    Sur les corps qui dorment peut-être

    Les arbres ne voyant personne

    Et les nuages marrons
    Parcouraient la plaine.

    Antoing 25/04/1981

    Illustration : Le Douanier Rousseau (Henri Rousseau, dit), 1894 – La Guerre ou la Chevauchée de la discorde