Accueil

  • Mandala que l’on détruit

    Vieux journaux et vieilles revues, documents divers et variés accumulés au fil des années que je trie maintenant, jette, déchiquette, brûle. Un peu comme les éléments d’un mandala que l’on détruit et qui viennent signifier la fugacité de toute chose.

    Rumes 28/04/2018

    Illustration : Mandala tibétain

  • Italie du Sud années ‘60

    Les femmes, toutes de noir vêtues, insufflaient au quotidien une dimension tragique. Cette omniprésence du deuil faisait d’autant plus ressortir cependant les couleurs brutes. Le rouge vif de la sauce tomate et des pastèques, le bleu intense de la mer et du ciel, le jaune cru de l’astre solaire, le vert apaisant des vignes et des vergers.

    C’était l’époque de la transition entre le monde ancien et celui de la « modernité », ces années charnières dont parlait Pasolini dans son poème « Io sono una forza del Passato ». Rien n’avait vraiment changé depuis l’Antiquité et tout commençait à être bouleversé irréversiblement.

    On était au début de la motorisation généralisée. Vespas et petites voitures utilitaires commençaient à se faufiler dans les ruelles étroites des villages. Mais un état d’esprit de frugalité et de sobriété continuait de régner. Une simplicité dans les mœurs, une authenticité enracinée.

    Cette Italie du Sud-là renvoyait des images d’absolu, d’éternité. Paradis des photographies contrastées. Toutes les femmes habillées de couleur corbeau contribuaient ainsi au triomphe momentané de la photo en noir et blanc.

    Rumes 24/01/2008

    Illustration : Archives familiales, seconde moitié des années 1960 – Femmes siciliennes

  • Dans le grand parc

    Dans le grand parc
    Non plus vert mais violet parfois
    Et sans attendre d’arc-en-ciel
    Le Poète regarde
    Derrière ses lunettes
    De cellophane colorée
    La réalité
    A-t-elle jamais été
    Vérité
    Mensonge ou certitude

    La pluie entre-temps
    N’arrête pas de tomber
    Sur les gens et les statues rouges

    Des escargots se traînent
    En sortant leurs antennes.

    Tourcoing 12/08/1977

  • 2022

    A tous les lecteurs de ce site
    meilleurs voeux de bonne année 2022 !

    A tutti i lettori di questo sito

    vivissimi auguri di buon anno 2022 !

    To all readers of this site

    best wishes for new year 2022 !

  • Avrei voluto fare il mio autoritratto

    Avrei voluto fare il mio autoritratto
    Ma al momento in cui stavo per iniziare
    Mi sono accorto che non avevo
    Né pennello né colori

    Perbacco !
    Nemmeno pellicola fotografica
    E le batterie della macchina digitale
    Completamente scariche

    Allora
    Pur di conservare in memoria
    La propria immagine
    Mi sono avvicinato al primo specchio
    A portata di mano

    Ma nemmeno lo specchio
    Ha voluto riflettere la mia immagine.

    (scritto nel corso di una visita al museo della fotografia
    di Charleroi guardando le foto incorniciate ed avendo
    in mente il dipinto di Magritte « la riproduzione vietata »)

    Charleroi 19/06/2008

    Illustration : René Magritte, 1937 – La reproduction interdite

  • Mondes parallèles

    Suivant la théorie d’Hugh Everett, notre monde serait constitué de mondes parallèles. Depuis qu’elle a été exposée, en 1957, cette idée a largement été exploitée dans le domaine de la fiction, en particulier au cinéma.

    Ces mondes parallèles on les imagine souvent distincts, comme ayant toujours existé. Une sorte de forêt d’univers.
    Mais dans le modèle d’Everett, en fait, la réalité serait constamment en train de créer de nouveaux mondes parallèles. Ces univers seraient la résultante d’une sorte d’accouchement permanent du réel : les univers divergeraient à chaque instant en fonction des évènements.

    Ces univers parallèles seraient, par conséquent, infinis. Ils comprendraient toutes les actions qu’il pourrait être potentiellement possible de réaliser.
    La théorie d’Everett peut sembler farfelue mais elle a, semble-t-il, de bonnes bases théoriques.

    La découverte récente d’une sorte de « trou » dans notre univers (trou relatif à la distribution des galaxies) pourrait être, suivant certains savants, la preuve tant attendue de l’existence de ces univers parallèles.
    Ce « trou » aurait été formé par une collision entre notre univers et un univers parallèle. Cet évènement se serait produit au tout début de notre univers.

    Dans la vie quotidienne, il nous arrive de vivre certains faits surprenants qui sont automatiquement qualifiés d’étranges, de bizarres et qui, parfois, restent même inexpliqués. Je pense, en particulier, à la disparition de certains objets et à leur réapparition.

    Il peut arriver que l’on cherche presque désespérément ces objets et qu’on les retrouve par après, parfois un certain temps après. Par exemple, un objet qui est censé être dans un sac et qui disparaît — on vide le sac, il n’y rien, même devant témoins — et qui, le lendemain ou plusieurs jours après, réapparaît dans le même sac.
    L’explication la plus commune (et la plus logique) est que ces objets n’ont pas disparu mais que la personne qui cherche l’objet est distraite, maladroite, inappliquée, ne « voit » pas.

    Est-ce que ce genre de situation ne pourrait pas, au contraire, être une « preuve » de l’existence des mondes parallèles ?
    En se rendant divergents (à chaque instant), les univers parallèles se stabilisent dans un état donné. Ces objets qui disparaissent et réapparaissent — objets non stabilisés —, ne pourraient-ils pas être un « témoignage » de la divergence à notre échelle ?
    Comme si les univers ne s’étaient pas séparés parfaitement ? Comme si les objets hésitaient entre deux états. Comme s’il se produisait une sorte de raté local.

    Rumes 21/02/2008

    Illustration : Vision d’« univers bulles »

  • Raisin

    Je faisais mine de te manger
    Grappe de raisin
    Pour une photo de profil
    Qu’on aurait alignée plus tard
    Dans l’album de famille
    Aucune certification bio hélas
    Tes grains étaient factices
    Raisin de plastique.

    Rumes 2/08/2019

    Illustration : Mme G. Huygevelde, v. 1963-64 – Arcangelo Petrantò

  • Peut-être est-ce dû à notre taille

    La réalité ressemble à un filet auquel nous nous heurtons et par lequel nous sommes enveloppés. Mais peut-être est-ce dû à notre taille. Serions-nous plus infimes, nous passerions entre les mailles.

    Bruxelles 16/03/2009

    Illustration : Arcangelo Petrantò, 2023 – « Filets métalliques »
    Image générée par IA (intelligence artificielle)

  • Mentre nella certezza del presente

    Mentre nella certezza del presente
    Sembrava facile già conciliare
    Convinzione e finzione

    A distanza di giorni ed anni
    Viene a corrompersi il sogno ormai
    E a confondersi con la realtà

    Allora si cerca con ansia
    L’angelo che da bambino
    Appariva compagno sorridente
    Nel nuovissimo cammino.

    Taintignies 7/11/1983

    Illustration : Francesco Botticini, v. 1470 – Les trois Archanges et le jeune Tobias (détail)

  • Il est certain que le lion

    Il est certain que le lion
    Est le roi des animaux
    Pourtant celui-là
    N’en tirait aucun orgueil
    Libéral et débonnaire
    Placide et vertueux
    Il acceptait à sa cour
    Le paon et la gazelle
    Le condor et la vipère
    A la seule condition
    Disait-il de s’entraider
    Réciproquement
    Ne sommes-nous pas tous
    Faits de poussière ?

    Rumes 20/01/2020

    Illustration : Albrecht Dürer, 1494 – Lion